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Après l’attaque du Hamas en Israël, les réservistes affluent à Roissy

  • Après l’offensive surprise et massive lancée par le Hamas samedi à l’aube, des réservistes de Tsahal se sont rendus dans les aéroports parisiens afin de trouver un vol en direction d’Israël.
  • 20 Minutes en a rencontré plusieurs d’entre eux ce lundi, à l’aéroport Charles de Gaulle, à Roissy. Ils nous expliquent pourquoi il est important, pour eux, de rentrer le plus vite possible dans leur pays pour combattre.

Méfiant, il commence par décliner poliment notre proposition de s’exprimer. « Il y a les services de sécurité », souffle ce grand gaillard, cheveux blonds, yeux bleus, réserviste dans l’armée israélienne. Il fait quelques pas dans le terminal 2 B de l’aéroport Roissy Charles de Gaulle, avant de se retourner. « Dites à vos lecteurs que c’est un désastre ce qui se passe là-bas, c’est complètement fou. Je n’ai jamais vu ça. Ils kidnappent et tuent des enfants. Ils s’en prennent à des gens innocents », finit par nous lancer, en anglais, ce jeune homme de 20 ans, précisant qu’il souhaite témoigner anonymement. Il a évidemment « peur » de ce qu’il va découvrir en descendant de l’avion, à Tel-Aviv. « Mais c’est mon pays, et je dois combattre pour lui. »

Le passager sort de sa poche son téléphone. Il nous montre une carte d’Israël, diffusée par des amis à lui sur un groupe WhatsApp. Des points rouges indiquent les endroits où se sont écrasées les roquettes tirées, depuis la bande de Gaza, par les combattants du Hamas, qu’il compare aux djihadistes de Daesh. « Il y en a tout le temps », regrette le jeune réserviste, qui était en France depuis quelques jours pour participer à une compétition sportive. Il nous montre des photos de soldats israéliens décédés. Plusieurs de ses amis ont été tués ces derniers jours, alors qu’ils étaient en train de faire la fête. « C’était les meilleures personnes que je connaissais. Dites au monde ce qu’il se passe. »

« Je culpabilisais, j’avais l’estomac noué »

Ce lundi après-midi, le vol El Al. LY324 quittait Paris en direction de Tel-Aviv à 14h45. Et d’autres réservistes de l’armée israélienne étaient à bord. Casquette vissée sur la tête, barbe, tee-shirt bleu, Bar, 28 ans, revient de Corse, où il était parti en vacances. « Mes amis, ma famille sont là-bas, c’est important d’aller les rejoindre. La situation est extrême dans mon pays », explique en anglais le jeune homme. Lui aussi à perdu quelques amis. « Tout le monde, en Israël, connaît quelqu’un qui a perdu la vie » depuis le début de l’offensive lancée, samedi, par le mouvement islamiste palestinien, déplore-t-il. Bar veut rester confiant dans l’avenir. « Je suis sûr qu’on va reprendre le contrôle de la situation rapidement », avance-t-il.

Un peu plus loin, dans la queue pour l’enregistrement, un jeune homme discute avec ses amis. Ce Franco-Israélien préfère nous donner la première lettre de son prénom, « S. ». S., donc, était en France, où vivent ses grands-parents, depuis quelques jours. Lorsque les premiers combats ont éclaté, le jeune homme, âgé de 22 ans, n’a pas hésité « une seule seconde ». « Je ne pouvais pas laisser ma famille et mes amis là-bas, je culpabilisais, j’avais l’estomac noué. Je dois les protéger. » S. s’est rendu à l’aéroport dimanche, mais son vol a été annulé. Il espérait trouver une place dans le vol de ce mardi. En arrivant à Tel-Aviv, ce soldat réserviste ira récupérer son matériel. « Puis, selon les consignes, je serai envoyé soit dans le nord du pays, soit dans le Sud, où mes amis se trouvent ». La situation lui rappelle la guerre israélo-palestinienne de 2021. « Ce n’est pas la première fois qu’on vit ce type de conflit », souffle-t-il, ajoutant avoir peur de revivre « certaines choses ».

« J’ai peur que le conflit s’éternise »

Ben, 30 ans, vient lui d’enregistrer ses bagages. Il devait rentrer en Israël mercredi. Mais ce réserviste de Tsahal, appelé en renfort, a préféré écourter ses vacances et prendre un vol plus tôt « à cause de la situation ». « C’était très dur de trouver une place », confie-t-il en anglais. Il a déjà passé trois ans dans l’armée, « alors je n’ai pas peur. Des morts, j’en ai déjà vus ». Dans le passé, « les opérations militaires ne duraient que quelques jours », remarque-t-il. Avant d’ajouter : « Cette fois, j’ai peur que le conflit ne s’éternise. »




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