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Deux manifestations interdites dans la Drôme pour « risques de troubles »

Deux manifestations prévues samedi à Valence en lien avec la mort du jeune Thomas lors d’un bal de village à Crépol (Drôme) ont été interdites par la préfecture de la Drôme « en raison des risques de troubles à l’ordre public ». Ces deux manifestations « dévoient clairement l’intitulé déclaré d’hommage à Thomas et leur concomitance est susceptible de provoquer des troubles importants », indique le communique de la préfecture publié vendredi.

Dans ce communiqué le préfet appelle à nouveau « au calme et à l’apaisement » alors que le décès du jeune Thomas, mortellement blessé au couteau le 25 novembre devant la salle des fêtes de Crépol (Drôme) a mobilisé l’ultradroite dans la région et ailleurs en France, avec notamment des heurts, des blessés et des interpellations à Romans-sur-Isère (Drôme) et à Lyon.

La maire de Romans-sur-Isère menacée de mort

Des messages relayés par des comptes d’ultradroite appelaient depuis quelques jours à un rassemblement samedi devant la préfecture à Valence, pour demander « Justice pour Thomas » et protester contre les condamnations de six manifestants interpellés lors d’un défilé identitaire samedi dernier à Romans. Ce rassemblement a été interdit car « laissant présager des affrontements idéologiques », selon la préfecture. De plus, tout attroupement ou manifestation non autorisés à Valence et Romans-sur-Isère sont interdits pour le week-end ainsi que l’usage et la vente de mortiers d’artifice dans le département.

Une seconde manifestation est prévue samedi au centre de Romans à l’appel des habitants de la cité de la Monnaie, un quartier sensible de cette ville, sur le thème de la concorde civile et en réaction à des déclarations publiques de la maire LR Marie-Hélène Thoraval. Cette manifestation, non déclarée, est également interdite, selon la préfecture.

Marie-Hélène Thoraval a déposé plainte mercredi après avoir reçu des menaces par téléphone et sur les réseaux sociaux, dont une de mort « par décapitation ». Elle avait appelé après le décès de Thomas à une « prise de conscience » de l’Etat face à la situation dans les quartiers sensibles du pays, et notamment dans sa ville, en évoquant « un niveau de délinquance, dont on retrouve les racines dans la radicalisation » ou le « trafic de drogue ». Sa plainte et ses propos ont été abondamment relayés sur les réseaux sociaux par les militants d’ultradroite.

L’enquête pour « meurtre en bande organisée » ouverte par le parquet de Valence après la mort de Thomas a débouché sur la mise en examen de neuf jeunes, dont trois mineurs. Des photos avec identités présentées comme celles des agresseurs de Crépol ont été largement diffusées par des comptes d’ultradroite qui appellent à la vengeance, notamment contre le quartier sensible de la Monnaie.

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