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La plupart des victimes du gourou Gregorian Bivolaru étaient mineures

Elles ont fini « par s’y perdre » comme Agnes Arabela Marques. Elle est l’une des victimes de Gregorian Bivolaru, le gourou soupçonné de violences sexuelles au sein d’une secte tentaculaire arrêté en France après une longue cavale. Agnes a 15 ans quand elle fait la rencontre de Gregorian Bivolaru en Roumanie, en 1999. A cette époque, elle s’inquiète pour sa sœur aînée, partie à Bucarest dans l’ashram du fondateur du Misa (Mouvement pour l’intégration spirituelle vers l’absolu). Elle décide de l’y rejoindre.

On y enseigne le tantra yoga ou « yoga de l’amour », une pratique issue de l’hindouisme visant à l’épanouissement sexuel. Rebaptisé Atman lors de son expansion à l’international, présent dans plus d’une trentaine de pays, le mouvement compterait aujourd’hui plus de 100.000 adeptes à travers le monde. Dans l’ashram, l’adolescente note la présence de « personnes importantes », des médecins, des avocats… « Je me suis dit que je me faisais du souci pour rien. Et j’ai fini par m’y perdre aussi », confie-t-elle, contactée par visioconférence et rencontrée par l’AFPTV.

« Il préférait les vierges »

Quant à Bivolaru, « au premier abord, il avait l’air gentil. C’était quelqu’un de très respecté », dit-elle. « Il ne s’énervait jamais. Quand il disait quelque chose, les gens se taisaient ». Elle séjourne un temps à l’ashram puis, raconte-t-elle, « il m’a invitée chez lui ». Bivolaru y est déjà entouré d’une douzaine de femmes. Avec elles, l’adolescente suit des séances de méditation, est poussée à des rapports lesbiens… « Cela faisait partie de l’initiation tantrique », dit-elle.

Les femmes se succèdent dans la chambre à coucher du gourou qui approche alors de la cinquantaine. « Et puis ça a été mon tour ». Il la pousse à perdre sa virginité, et lui demande de ne « rien dire ». Une sorte de « cadeau de bienvenue », ironise-t-elle auprès de l’AFP. « On nous disait que l’acte sexuel était une consécration, que c’était autorisé par Dieu ». Elle se souvient d’un homme « méthodique », aux ongles longs. « Grig », comme elle le surnommait, était considéré par ses adeptes comme un « dieu ». « Il préférait les vierges », ajoute-t-elle.

« Les témoignages qui sortent aujourd’hui ne sont qu’une goutte d’eau dans un océan ! », estime Agnes. « Nous ne sommes pas des cas isolés ». Lors du vaste coup de filet policier la semaine dernière en France, plus d’une cinquantaine de femmes, enfermées dans des pavillons, ont pu être « extraites de la secte », selon la police.




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