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A Paris, des distributions alimentaires racistes

«On donne qu’aux Blancs. (…) Tous les profiteurs, que ce soit les Malgaches, les Roumains, les Pakistanais par centaines, les Noirs et les Arabes évidemment, on ne leur donne pas, on va pas s’abaisser à leur donner un sandwich. » Ces commentaires ouvertement racistes ont été tenus par une militante du groupe d’ultra-droite Luminis lors d’une « maraude » destinée aux sans-abris ciblant uniquement les personnes blanches. Des propos filmés par BFM TV et diffusés lundi qui ont suscité la réaction de deux adjoints de la maire de Paris, demandant au préfet de police l’interdiction de ces maraudes discriminatoires.

« Ce sont des petites quiches avec de la saucisse. » L’enquête de l’émission Ligne Rouge de BFM montre notamment des militants et militantes distribuer des produits à base de porc, pour exclure les sans-abri de confession musulmane. Mais pas seulement. On peut voir le groupe se détourner d’une femme en tenant ces propos : « Ah non non c’est une gitane, c’est les pires les gitans. » Ou bien passer son chemin devant un groupe de SDF « roms », selon elles et eux.

« Admiration » pour le nazisme

Le groupe affiche clairement sur les réseaux sociaux marquer une préférence pour les nationaux. « Les nôtres avant les autres ! », clame ainsi un post sur X. Et une étudiante affirme sans complexes sur les images de BFM TV son « admiration » pour le nazisme : « On parle de l’homme viril, de la femme féminine qui doit avoir plein d’enfants (…) et puis de la pureté de la race », justifie-t-elle.

Le reportage en question donne à voir « le pire de l’humanité : le tri dans la solidarité, le tri en fonction de l’ethnie, le tri en fonction de la religion », écrivent Emmanuel Grégoire et Léa Filoche, respectivement premier adjoint et adjointe aux solidarités, dans un courrier transmis à l’AFP. Des propos « extrêmement choquants, ouvertement racistes et discriminatoires » pour les deux adjoints, « qui sont de nature, selon nous, à relever d’une qualification pénale et salissent en tout état de cause l’image de notre ville, tout en étant susceptibles de troubler l’ordre public ».

En 2007, le Conseil d’Etat avait interdit la distribution de « soupes au cochon ». Sur son site Internet, l’association Solidarité des Français (SDF) qui organisait ces repas revendiquait discriminer certains et certaines SDF, avec ce slogan : « Pas de soupe, pas de dessert, les nôtres avant les autres. »



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