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A la cour d’assises de Paris, le vertige Cyril Berger, gendre idéal et assassin de sa belle-mère

Quand le verdict est tombé, ce n’est pas lui, Cyril Berger, le condamné, que l’on a regardé. Ce n’est pas non plus elle, Marie-Elvire de Moro Giafferri, son ex-épouse assise au banc des parties civiles. Non. Ceux dont on ne pouvait détacher les yeux, c’était ce demi-frère aîné, si parfaitement droit et élégant, son épouse à la blondeur délicate, et leurs trois grands enfants à l’allure aussi chic et déliée que leurs parents. Tous, main dans la main, anéantis. Eux qui, depuis le premier jour, serrés au premier rang du public, témoignaient de leur absolue confiance en l’innocence de l’accusé. Eux qui, à chaque suspension d’audience, l’entouraient, le réconfortaient, l’enveloppaient de leur affection.

Que pensaient-ils, jeudi 7 décembre, à cet instant où la cour d’assises de Paris a déclaré Cyril Berger coupable d’avoir assassiné sa belle-mère, Odile de Moro Giafferri, et tenté d’assassiner son beau-frère, François-Xavier, le 18 décembre 2015 à Paris ? A quel combat intime se livraient-ils entre l’image qu’ils avaient d’un cadet, d’un oncle, d’un parrain aimé et celle, terrifiante, que le miroir de la justice leur renvoyait ? On les avait déjà beaucoup observés pendant le procès, guettant impudiquement sur leurs visages l’affleurement d’un doute, l’ébranlement d’une foi, tandis que jour après jour se construisait l’intime conviction de la cour et des jurés sur la culpabilité de l’accusé. Ce fracas, s’il existe, n’appartient qu’à eux.

En prononçant contre Cyril Berger la peine de vingt-huit ans de réclusion criminelle – l’avocat général Jean-Christophe Muller en avait requis trente –, la cour et les jurés n’ont pas seulement condamné l’auteur d’un assassinat et d’une tentative d’assassinat. Ils ont aussi condamné celui qui, jusqu’au bout, a tenté de faire porter sa culpabilité par un autre.

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Questions restées sans réponse

Après huit jours de procès, on ne sait toujours pas ce qui, le 18 décembre 2015, a poussé Cyril Berger, ce gendre parfait, à partir de chez lui, à parcourir les quelques centaines de mètres qui séparaient son domicile de celui de sa belle-mère, dans le 17e arrondissement de Paris, à la surprendre dans sa chambre, alors qu’elle s’apprêtait à aller dîner en ville, et à la frapper mortellement de trente coups de couteau.

On sait en revanche que depuis quelque temps, il se rendait régulièrement chez elle, à l’insu de son épouse, qu’il avait accès à son ordinateur et que celle-ci, tout comme sa fille et son fils figuraient parmi les héritiers d’un considérable patrimoine immobilier appartenant à un grand-père, dont la succession était en cours. On sait aussi qu’à la même époque, le flamboyant Cyril Berger était à sec, qu’il s’était juré de ne jamais vivre la même déchéance sociale que son père, riche puis failli, qu’il rêvait d’avoir la même réussite que son demi-frère et qu’il était passionnément amoureux de sa maîtresse russe.

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