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Après l’attentat à Arras, le PS annule son conseil national, le sort de la Nupes en suspens

Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, le 12 octobre 2023.

La Nupes, plus que jamais menacée d’exploser, gagne un sursis : le Parti socialiste a décidé, vendredi 13 octobre, de reporter son conseil national prévu samedi au cours duquel il devait discuter d’une éventuelle sortie de l’alliance de gauche en raison des positions de La France insoumise sur le Hamas.

La France insoumise est en grande difficulté depuis qu’une partie des dirigeants refusent de reconnaître le caractère terroriste du Hamas, après l’attaque sanglante contre Israël le 7 octobre. PS et PCF devaient chacun réunir leur conseil national et discuter de la poursuite de leur participation à la coalition de gauche.

Mais le premier secrétaire du PS Olivier Faure a finalement décidé de reporter son conseil national – ainsi que la convention sur l’Europe prévue après -, « compte tenu du contexte dramatique lié à l’assassinat » d’un enseignant « par un terroriste islamiste », vendredi à Arras. Aucune nouvelle date n’a été communiquée.

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Des tensions récurrentes

Depuis le début de la coalition, en mai 2022, les tensions ont été récurrentes entre les partenaires de gauche, notamment sur l’affaire du député insoumis Adrien Quatennens accusé de violences sur sa compagne, sur la guerre en Ukraine, sur la manière d’agir dans l’hémicycle au moment de la réforme des retraites ou encore, plus récemment, sur les émeutes urbaines après la mort du jeune Nahel tué par un policier.

Depuis le refus de Jean-Luc Mélenchon et de certains cadres insoumis de qualifier le Hamas de « terroriste », tous les opposants internes au patron du PS Olivier Faure, hostiles à l’alliance avec LFI, se sont exprimés pour réclamer la sortie des socialistes de cette coalition, largement dominée par les Insoumis. La présidente de la région Occitanie, Carole Delga, la maire de Paris, Anne Hidalgo, ou encore l’édile de Rouen et rival interne d’Olivier Faure, Nicolas Mayer-Rossignol, poussent depuis plusieurs jours dans ce sens.

Dans une tribune publiée vendredi dans Le Point, l’ancien premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve, qui a quitté le PS à cause de la Nupes, a fustigé une alliance qui est à ses yeux « un déshonneur politique et une faute morale ». Mais Olivier Faure, fervent partisan de l’union de gauche, n’entend pas siffler la fin de la partie, même s’il a jugé dans Libération que le positionnement de LFI sur la guerre entre Israël et le Hamas aurait « des conséquences lourdes » sur l’avenir de la Nupes.

Critiquant « la méthode Mélenchon », qui « ne cherche jamais le centre de gravité du rassemblement de la gauche », mais vise la radicalisation des positions selon lui, il souhaite maintenir l’union, mais la réorienter de manière plus équilibrée. « La Nupes telle qu’on la connut jusqu’à aujourd’hui, nous pensons que c’est la fin », précise son entourage à l’Agence France-Presse.

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« Point de fracture » pour EELV

Signe visible de ces tensions : PS et LFI ont organisé chacun de leur côté un point presse vendredi, avant la manifestation parisienne pour les salaires à l’appel de l’intersyndicale. De son côté, le PCF a déclaré vendredi soir qu’il maintenait « pour le moment » son propre conseil national, prévu dimanche.

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Fabien Roussel, qui était déjà très critique de la Nupes, a annoncé vendredi matin que son parti allait discuter ce week-end d’une sortie de l’alliance, jugeant que Jean-Luc Mélenchon ne pouvait plus être « un interlocuteur crédible » avec sa position sur le Hamas. « Ce qui s’est produit (chez LFI), à refuser de qualifier de terrorisme les actes qui se sont produits, ce n’est pas une différence, c’est une rupture fondamentale avec ce qui fait le cœur de nos combats progressistes », a-t-il déclaré.

Le sujet percute aussi Europe Ecologie-Les Verts, qui maintient samedi à Pantin le lancement d’un nouveau mouvement baptisé Les Ecologistes. La patronne d’EELV Marine Tondelier a parlé jeudi soir dans Libération de « point de fracture » avec LFI. Si les Verts n’ont pas prévu officiellement de sortir de la coalition, un éventuel départ des deux autres partenaires (PS, PCF) acterait quoi qu’il en soit la fin de l’union de la gauche.

Le Monde avec AFP

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