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Après le meurtre de Thomas à Crépol, Olivier Véran met en garde contre le « risque d’un basculement » de la société

Ce qui a coûté la vie à Thomas n’est pas « une simple rixe en marge d’un bal de village », mais « un drame qui nous fait courir le risque d’un basculement de notre société, si nous ne sommes pas à la hauteur », a averti, lundi 27 novembre, le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, au cours d’une visite à Crépol, dans la Drôme, où s’est déroulé le drame.

« C’est à la justice de rendre justice. Pas aux Français eux-mêmes », a-t-il poursuivi, rappelant que neuf suspects avaient déjà été mis en examen, notamment pour « meurtre en bande organisé », un chef passible de la perpétuité.

« La justice permet de ne pas céder à la tentation de la vengeance par la violence dont se sont rendues coupables à Romans les factions de l’ultradroite animées par la haine et par le ressentiment (…) La violence ne doit pas répondre à la violence », a insisté M. Véran, en fustigeant « ceux qui crient vengeance au lieu de réclamer justice ».

Plusieurs dizaines de militants de la mouvance identitaire, venus de toute la France, se sont retrouvés samedi et dimanche à Romans-sur-Isère, ville voisine de Crépol, où Thomas étudiait et où vivent certains des suspects poursuivis pour leur participation aux violences qui ont causé la mort du lycéen de 16 ans, le 18 novembre.

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Le gouvernement « lucide »

Venus « pour en découdre » selon les autorités, les militants encagoulés ont été repoussés samedi soir par les forces de l’ordre, qui ont procédé à une vingtaine d’interpellations. L’un d’eux a été molesté et dénudé par des inconnus pendant le défilé organisé à proximité du quartier de la Monnaie, dont seraient issus certains des suspects.

Dimanche, un nouveau rassemblement d’extrême droite a donné lieu à sept interpellations, dont celles de quatre jeunes venus de ce quartier sensible.

M. Véran a assuré lundi que le gouvernement était « lucide » face à la « violence qui déferle parfois en solitaire, mais qui se conjugue en meute, qui, chaque fois et partout où elle frappe, exacerbe un peu plus les tensions dans notre société ».

« Vous n’en pouvez plus de ces bandes violentes, nous non plus », a-t-il lâché, en promettant « la mobilisation pleine et entière du gouvernement pour garantir la sécurité de tous les citoyens ».

« Autoroute de la guerre civile »

Le rassemblement de militants identitaires à Romans-sur-Isère samedi soir a suscité de nombreuses réactions de responsables politiques. Lundi, le secrétaire national du Parti communiste, FabienRoussel, a estimé que l’extrême droite « est en train de nous mener vers l’autoroute de la guerre civile en Europe » en « attisant la haine » et en « envoy[ant] [ses] milices provoquer des émeutes urbaines, comme en Irlande (…) ou organiser la “ratonnade” à Romans-sur-Isère ».

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Le chef de file du PCF s’en est pris « aux médias de Bolloré, CNews, Europe 1, Le JDD » qui ont mis « ce sujet en “une” » pour « faire en sorte » que l’extrême droite s’en empare et a invité chacun « à mesurer les propos qui peuvent être tenus dans ces médias ».

Le Monde avec AFP

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