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Assassinat de Narumi Kurosaki : l’impossible défense de Nicolas Zepeda, jugé en appel

Nicolas Zepeda (au centre), soupçonné de la disparition et du meurtre présumé de Narumi Kurosaki, étudiante japonaise, en décembre 2016 à Besançon, au palais de justice de la ville, le 24 juillet 2020.

Le 4 décembre 2016, Narumi Kurosaki, une étudiante japonaise de 21 ans, inscrite en économie à l’université de Besançon, sort de son cours de danse et rejoint sa résidence. Sur le parking, son ex-petit ami chilien, Nicolas Zepeda, l’attend. Il ne l’avait pas prévenue de son arrivée. La jeune femme accepte d’aller dîner au restaurant avec lui, puis ils reviennent ensemble vers le domicile de la jeune femme.

Leur image, un peu floue, franchissant la porte d’entrée, est saisie par une caméra de surveillance. C’est la dernière qui montre Narumi Kurosaki vivante. Le corps de l’étudiante n’a jamais été retrouvé. Sept ans jour pour jour après sa disparition, le procès en appel de Nicolas Zepeda, condamné en avril 2022 à vingt-huit ans de réclusion criminelle pour assassinat, s’ouvre devant la cour d’assises d’appel de la Haute-Saône, à Vesoul.

Pour la troisième fois, l’accusé a changé d’avocat. Pendant l’instruction et pour assurer sa défense lors du procès en première instance devant la cour d’assises du Doubs, à Besançon, son choix s’était porté sur Me Jacqueline Laffont, qui était aussi le conseil de l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy. Trois semaines d’audience éprouvantes avaient consommé la rupture entre Me Laffont, son client et les parents de ce dernier.

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Pour le procès en appel, ceux-ci ont alors sollicité Me Antoine Vey, l’ex-associé du garde des sceaux, Eric Dupond-Moretti. Las, quelques jours avant le début de l’audience, en février 2023, il a jeté l’éponge. Dans une lettre adressée au président de la cour, Me Vey l’informait qu’il n’avait pas obtenu le mandat qu’il sollicitait de son client. « En tout état de cause, dans le respect du secret professionnel, je vous indique que la situation actuelle m’empêchera, en conscience, d’assurer sa défense », précisait Me Vey.

Nicolas Zepeda refusait alors les avocats que le président de la cour lui commettait d’office et désignait deux nouveaux conseils, Mes Renaud Portejoie et Julien Dreyfus, lesquels demandaient et obtenaient un renvoi du procès pour préparer le dossier.

Vertige des preuves

Et voilà que fin novembre, Me Dreyfus écrivait à son tour au président de la cour pour lui annoncer qu’il renonçait à assurer la défense de Nicolas Zepeda. Une décision qui faisait suite à un dernier entretien houleux lors d’un parloir entre l’accusé et ses conseils. Resté silencieux quelques jours, Me Portejoie finissait par confirmer qu’il restait l’avocat du jeune Chilien, mais aux côtés d’un nouveau venu, Me Sylvain Cormier. Celui-ci, qui a notamment défendu le footballeur Karim Benzema dans l’affaire de la sextape, avait été contacté depuis plusieurs semaines par le père de Nicolas Zepeda.

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