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Assassinat de Samuel Paty : les six anciens collégiens impliqués dans la mort du professeur condamnés au terme d’un procès complexe

Un portrait de l’enseignant français assassiné Samuel Paty, lors d’une cérémonie d’hommage à l’école du Bois-d’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), le 16 octobre 2023.

Il fallait une voix pour rompre la confidentialité de deux semaines d’audience à huis clos. Ce fut celle de la juge du tribunal pour enfants de Paris qui, dans une intervention d’une vingtaine de minutes à peine, énonça les condamnations des six ex-collégiens appelés à la barre, vendredi 8 décembre. Le dispositif policier, le silence solennel, la haie de caméras : cette audience n’est pas celle d’un procès « pour enfants » comme un autre.

Les six adolescents, arrivés dans la salle les visages dissimulés derrière des masques chirurgicaux, des capuches ou des foulards, comparaissent pour leur implication dans l’assassinat de Samuel Paty, poignardé puis décapité le 16 octobre 2020, près du collège du Bois-d’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), où il enseignait l’histoire-géographie. Ils avaient alors entre 13 et 15 ans.

Cinq d’entre eux étaient accusés du même délit – celui d’« association de malfaiteurs en vue de préparer des violences aggravées ». Il leur était notamment reproché d’avoir, le jour du drame, surveillé les alentours du collège et facilité l’accès du tueur, Abdouallakh Anzorov, à sa cible.

« Vous avez compris ? »

L’adolescent ayant le premier fait la rencontre de ce jeune terroriste d’origine tchétchène, avant de recruter ses acolytes, est condamné à une peine d’emprisonnement de deux ans, dont six mois ferme, aménagée avec un bracelet électronique. Les peines des quatre autres garçons s’échelonnent de quatorze à vingt mois avec sursis probatoire (assorti d’une série d’obligations, notamment de formation et de suivi par des professionnels de l’enfance).

La présidente a appelé les adolescents à la barre un par un pour détailler leurs peines, globalement conformes aux réquisitions du parquet antiterroriste. « Vous avez compris ? », a-t-elle demandé à chacun. « Oui », ont-ils tous répondu, avant de repartir, tête basse, s’asseoir sur le banc, soutenus par la présence placide de leurs familles, venues en nombre.

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Le rôle de la sixième prévenue – la plus jeune du groupe – est intervenu plus tôt encore dans l’affaire. Selon elle, l’enseignant – dont elle n’avait pourtant pas suivi le cours – avait montré des caricatures de Mahomet après avoir demandé aux élèves musulmans de sortir de la classe. Cette rumeur infondée focalisa l’attention sur ce professeur, devenu une cible, notamment sur les réseaux sociaux. Soulignant « l’existence d’un mensonge persistant » que l’adolescente a « reconnu », et qui avait été « matérialisé » par un dépôt de plainte à l’encontre de Samuel Paty, le tribunal l’a condamnée à dix-huit mois de sursis probatoire pour « dénonciation calomnieuse ».

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