Business

Attaque à Arras : la France en « urgence attentat » après un nouvel assassinat d’enseignant

Des parents attendent leurs enfants devant un des accès du lycée Gambetta-Carnot, à Arras, le 13 octobre 2023.

Le djihadisme a, une nouvelle fois, frappé la France dans un contexte international de tension extrême. Trois ans après l’assassinat de Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), l’école, symbole par excellence de la République, a été à nouveau visée, vendredi matin 13 octobre, par une personne radicalisée d’une vingtaine d’années, Mohammed M. qui a tué un professeur de lettres dans la cour de la cité scolaire Gambetta-Carnot à Arras (Pas-de-Calais) et blessé deux autres membres du personnel éducatif, dont un grièvement. Une autre attaque a été déjouée à Limay (Yvelines), selon Emmanuel Macron qui est intervenu depuis le lycée d’Arras : il s’agirait d’un homme fiché S interpellé avec un couteau à la sortie d’une mosquée.

Vendredi soir, la première ministre Elisabeth Borne a annoncé que le pays avait été placé en alerte « urgence attentat », le niveau le plus élevé du dispositif Vigipirate. « Quand on passe à ce niveau de vigilance, c’est pour dire à tous les Français, à toutes les administrations, de faire attention », a expliqué le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, en soulignant que les militaires de l’opération « Sentinelle » allaient « monter en puissance » : « Quelques milliers d’hommes en plus vont aider la police, la gendarmerie pour surveiller les centres commerciaux, pour protéger tous les Français », a-t-il ajouté lors de son entretien télévisé au journal de 20 heures.

Plus tard, le ministre de l’éducation, Gabriel Attal, a annoncé avoir « demandé le renforcement de la sécurité autour de tous les établissements scolaires ». Il a aussi annoncé le déploiement de plus de 1 000 personnels des équipes mobiles de sécurité « au sein de nos établissements pour les jours à venir ».

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés « Quand se réveillera-t-on de ce cauchemar ? » : dans la communauté éducative, l’attentat d’Arras ravive les plaies de l’assassinat de Samuel Paty

Plus tôt dans la soirée, le procureur antiterroriste Jean-François Ricard avait rappelé le déroulement des faits lors d’une conférence de presse donnée au tribunal d’Arras. A 11 heures, l’assaillant est arrivé à pied devant l’établissement et a tué un premier enseignant, Dominique Bernard, 57 ans, puis blessé un autre enseignant, un professeur de sports, avec un couteau avant d’entrer dans la cour de la cité scolaire. Il s’est alors confronté à plusieurs personnes dont un agent de sécurité, victime de plusieurs coups de couteau, et un agent technique du lycée, lui aussi grièvement blessé. Selon un enseignant cité par l’Agence France-Presse, l’agresseur lui a demandé s’il était professeur d’histoire.

Huit personnes en garde à vue

Sur une vidéo circulant sur les réseaux sociaux, on peut voir Mohammed M. vêtu d’un pantalon noir, d’une veste grise et d’une capuche, les cheveux attachés en chignon, porter des coups de pied et de couteaux à un homme à terre avant de se tourner vers un autre tentant de se défendre avec une chaise utilisée comme un bouclier. Aucun élève, dont certains étaient dans la cour, n’a été touché lors de l’attaque. L’assaillant a été arrêté quelques minutes plus tard par la police, qui a fait usage d’un pistolet à impulsions électriques. Plusieurs témoins ont entendu Mohammed M. crier « Allah akbar », selon le procureur.

Il vous reste 72.84% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button