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Attentat à Paris : ouverture d’une information judiciaire à l’encontre de l’assaillant de Bir-Hakeim, sa détention provisoire requise


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Armand Rajabpour-Miyandoab a justifié son attaque au couteau et au marteau par la «persécution des musulmans dans le monde».

Quatre jours après l’attaque mortelle au couteau près de la tour Eiffel, le Franco-Iranien Armand Rajabpour-Miyandoab va être présenté ce mercredi à un juge antiterroriste. Le parquet national antiterroriste a requis sa mise en examen pour «assassinat en relation avec une entreprise terroriste en état de récidive légale», «tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste en état de récidive légale», et «association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes d’atteinte aux personnes visées au 1) de l’article 421-1 du code pénal en état de récidive légale», ainsi que sa détention provisoire.

La garde à vue de cet homme de 26 ans, connu des services pour son islamisme radical et ses troubles psychiatriques, a été levée ce mercredi à 16h. Les investigations se poursuivent dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par le Pnat.

Interpellé immédiatement après les faits, Armand Rajabpour-Moyandoab est resté 96 heures en garde à vue, comme le permet la loi dans le cadre d’une enquête en matière de terrorisme. Face aux policiers, il a expliqué avoir agi en «réaction à la persécution des musulmans dans le monde» et est apparu «très froid», «clinique», «désincarné», selon une source proche de l’enquête. Son attaque a coûté la vie à un touriste Germano-Philippin de 23 ans, tandis que deux autres personnes ont été blessées.

Un assaillant ancré dans l’idéologie djihadiste

L’assaillant a entamé son périple meurtrier non loin de la tour Eiffel, un lieu «symbolique» choisi à dessein : «Il n’a pas supporté qu’elle soit allumée aux couleurs d’Israël», après les massacres commis par le mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre, selon une source proche du dossier à l’AFP. Il a revendiqué son geste au nom du groupe terroriste État islamique dans une vidéo de deux minutes où il se présente comme «un soutien du califat» et voue «allégeance au calife Abou Hafs». «Issu d’une famille sans aucun engagement religieux», Armand Rajabpour-Moyandoab s’est converti à l’islam à 18 ans et a «très rapidement» versé dans «l’idéologie jihadiste».

Il avait été condamné à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs terroriste, après un projet d’action violente à la Défense, le quartier des affaires à l’ouest de Paris, en 2016. Il était sorti en mars 2020 de prison.

Ses deux parents ont été placés en garde à vue après les faits. Une mesure levée lundi sans poursuite à ce stade. Ses parents sont «très attachés à la France», selon la source proche de l’enquête. En octobre dernier, sa mère avait prévenu la police qu’elle s’inquiétait, voyant que son fils «se replier sur lui-même», a rapporté le procureur antiterroriste. Les services de police avaient alors tenté de le faire examiner par un médecin et hospitaliser d’office, chose finalement impossible en l’absence de troubles.

Par ailleurs, une femme déjà connue des services de renseignement a été interpellée mardi à Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). L’assaillant l’avait «vue la veille» de son passage à l’acte, selon une source proche de l’enquête. Elle aussi est finalement ressortie libre.

L’inquiétant profil psychiatrique

Depuis samedi, le suivi médical de l’assaillant a suscité interrogations et critiques. «Il y a eu manifestement un ratage psychiatrique, les médecins ont considéré à plusieurs reprises qu’il allait mieux», a tranché lundi le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.

Le procureur antiterroriste Jean-François Ricard avait indiqué dimanche soir que l’assaillant, fiché pour radicalisation islamiste, était «soumis à une injonction de soins impliquant un suivi psychiatrique resserré et contrôlé par un médecin coordinateur» jusqu’à la fin de la mise à l’épreuve le 26 avril 2023, après une nouvelle expertise psychiatrique.

«Jusqu’au bout, nous avons essayé de renforcer, d’étoffer pour que l’accompagnement soit le plus serré possible. Il y a des choses sur lesquelles on n’agit pas, en revanche, c’est le désengagement idéologique qui nécessite un minimum d’adhésion de la personne», a commenté le Pnat. «Il n’y a pas de cessation de suivi, quand s’arrête le suivi judiciaire, mais plutôt une continuité grâce à la passation à l’autorité administrative», a encore précisé le ministère public.

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