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Attentat à Paris : le terroriste avait initialement prévu d’attaquer une cible juive

Quatre jours après l’attaque au couteau qui a fait un mort et deux blessés, samedi 2 décembre, dans le quartier de la tour Eiffel, à Paris, le suspect, Armand Rajabpour-Miyandoab, un Franco-Iranien de 26 ans, a été mis en examen, mercredi 6 décembre, pour « assassinat et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste », conformément aux réquisitions du Parquet national antiterroriste. Il a été placé en détention provisoire sous le régime de l’isolement.

Les trois autres personnes interpellées dans le cadre de cette enquête – ses parents et une jeune femme radicalisée de 27 ans qu’il avait contactée sur les réseaux sociaux et rencontrée la veille des faits – ont été remises en liberté sans poursuites. A ce stade des investigations, les enquêteurs de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et de la section antiterroriste de Paris, saisis de l’enquête, privilégient la piste d’un passage à l’acte isolé.

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Pendant sa garde à vue, il a assumé et revendiqué son attentat, comme il l’avait fait peu de temps avant son crime en publiant sur son compte X une vidéo en langue arabe, dans laquelle il prêtait allégeance à l’organisation Etat islamique (EI). Sur un ton maîtrisé, il a déclaré aux enquêteurs être passé à l’acte en réaction aux bombardements de Gaza par l’armée israélienne après l’attaque du Hamas du 7 octobre, et en suivant le mot d’ordre de l’EI, qui avait appelé à la fin d’octobre à s’attaquer aux « juifs ».

Le jardin mémorial des enfants du Vél’d’Hiv

Selon les informations du Monde, il a d’ailleurs précisé qu’il avait initialement envisagé différentes cibles, dont plusieurs cibles juives, avant l’attaque qui a finalement coûté la vie à un touriste germano-philippin de 23 ans. Selon une source proche de l’enquête, il avait d’ailleurs arrêté son choix sur le jardin mémorial des enfants du Vél’d’Hiv, inauguré en 2017 en mémoire de la rafle de 4 115 enfants juifs déportés dans le camp d’Auschwitz-Birkenau en 1942.

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Ce jardin, qui se situe à quelques centaines de mètres de la tour Eiffel, jouxte le pont de Bir-Hakeim, près duquel s’est déroulée l’attaque, peu après 21 heures. Le parc était-il désert en raison de l’heure tardive, contraignant l’assaillant à se rabattre sur un passant ? Armand Rajabpour-Miyandoab n’a pas fourni d’explications claires sur ce point. Il a été, en revanche, très explicite quant à son mode opératoire : « J’assomme au marteau, je tue au couteau. »

Selon ses déclarations, l’élément déclencheur de son passage à l’acte semble donc être double : un sentiment de solidarité et de colère face au sort des habitants de Gaza, qui se serait ensuite accompagné d’un aval opérationnel de l’EI. Le 19 octobre, le groupe terroriste avait en effet appelé « à attaquer les juifs et leurs intérêts dans le monde », selon la traduction qu’en a faite le journaliste Wassim Nasr sur X. Le groupe s’empressait cependant aussitôt d’ajouter que le combat ne visait pas la création d’un Etat palestinien, selon lui interdit en Islam, mais une guerre religieuse contre les juifs.

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