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Ça se confirme, les Français aiment travailler… au bureau

La France est championne d’Europe de la présence au travail. Une étude du cabinet de conseil en immobilier JLL estime à 3,5 jours par semaine le nombre de jours passés au bureau par les salariés tricolores, rapporte Les Échos. À l’heure du télétravail, il semblerait que les Français tiennent encore à leurs traditionnelles pauses-déjeuner entre collègues et, plus globalement, à la socialisation au travail. À titre de comparaison, les Anglo-Saxons, pour qui le repas du midi est uniquement utilitaire, ne viennent que 2,6 jours par semaine sur leur lieu de travail. Les Espagnols, eux, y vont encore moins, soit 2,5 jours hebdomadaires en moyenne.

L’enquête de JLL s’appuie sur l’analyse des comportements des salariés de 208 grandes entreprises dans le monde. Elle classe les Suisses à la deuxième place européenne, avec 3 jours de travail au bureau par semaine. “En France, on se montre davantage devant le chef, devant la direction”, analyse Flore Pradère, directrice de recherche sur les nouveaux modes de travail chez JLL. Pour l’experte, c’est aussi une question culturelle. Les Français aiment retrouver leurs collègues, confirme Frédéric Goupil de Bouillé, le président de l’Association des directeurs immobiliers (ADI). “Ils ont besoin d’être intégrés à un collectif, d’avoir des retours de leurs managers.”

Le poids de l’immobilier

Outre les aspirations personnelles, la situation économique de chaque pays entre en jeu dans la balance télétravail-présentiel. Même si les prix de l’immobilier sont élevés en France, ils le sont encore davantage dans certaines grandes villes, comme Londres, San Francisco ou New York. Pour les salariés, il est alors plus judicieux de prendre un appartement éloigné du centre-ville, et donc de leur lieu de travail, pour économiser. Une solution que l’avènement du télétravail a largement favorisée. “Plus le prix du logement est élevé, plus les collaborateurs vont avoir tendance à s’éloigner pour avoir plus grand et à demander du télétravail”, résume Frédéric Goupil de Bouillé auprès de nos confrères.

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L’enjeu des entreprises est désormais celui de l’équilibre. Le temps où les bureaux débordaient de personnel est révolu. Les managers tablent à présent sur des conditions de travail optimales pour leurs salariés. “Il faut qu’ils puissent les réunir dans un espace où il n’y a pas de surbooking parce qu’on a réduit drastiquement les surfaces de bureaux”, explique le président de l’ADI. Il faut à la fois “maintenir le collectif” et laisser place à plus de flexibilité en matière d’horaires et de lieu de travail.

Dans la plupart des boîtes, les pics de fréquentation sont les mardis et les jeudis, alors que les bureaux se retrouvent désertés tous les vendredis. Il s’agit ainsi de “lisser” la présence des salariés sur toute la semaine… Plus facile à dire qu’à faire, pointe Flore Pradère. Il y a un effet déceptif si vous venez au bureau et qu’il n’y a personne. C’est aussi pour ça que tout le monde a tendance à venir les mêmes jours”, résume l’experte de JLL. “Nous sommes dans la position d’un hôtelier. Si vous avez 200 chambres, ce n’est pas pour qu’elles soient occupées deux jours par semaine, renchérit Frédéric Goupil de Bouillé. Nous ne devons pas nous retrouver avec des immeubles dimensionnés sur des pics de fréquentation.

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