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Ce que l’on sait de l’évasion de deux détenus de Fleury-Mérogis lors d’une randonnée en forêt de Fontainebleau

L’un était condamné pour des affaires de stupéfiants, l’autre pour agressions sexuelles. Ils sont toujours en fuite.

Ils ont prétexté une envie pressante. Deux détenus de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne) se sont évadés, mardi 12 septembre, lors d’une randonnée en forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne). L’un des deux fugitifs, âgé de 37 ans, était condamné pour des affaires de stupéfiants. L’autre, âgé de 32 ans, purgeait une peine pour agressions sexuelles. Ils sont toujours en fuite jeudi. Voici ce que l’on sait de cette évasion.

Une sortie encadrée par des surveillants non armés

Huit détenus participaient à cette sortie course à pied dans la forêt de Fontainebleau, mardi, a appris franceinfo de sources concordantes. Ils étaient encadrés par des surveillants non armés. Les deux détenus ont dit avoir envie d’uriner pour échapper à la surveillance des encadrants. Ils se sont évadés dans le secteur des Gorges de Franchard vers 15 heures. “On était dans les clous” concernant l’encadrement, assure sur franceinfo le secrétaire local Force ouvrière justice de Fleury-Mérogis, Didier Kandassamy, avec “six ou huit détenus pour quatre ou cinq encadrants”.

Un des détenus avait été condamné pour infraction à la législation sur les stupéfiants et devait sortir en 2024. Le second était emprisonné pour agression sexuelle et exhibition sexuelle jusqu’en 2026, a précisé le parquet d’Evry, qui a ouvert une enquête pour évasion, confiée à la compagnie de gendarmerie d’Evry. Des mandats de recherche ont été lancés et “tous les moyens sont déployés” pour les retrouver, a fait savoir le ministère public.

Des permissions de sortie accordées dans le cadre d’aménagements de peine

Les personnes sélectionnées pour effectuer ce genre de randonnées le sont au cas par cas et ne doivent, par exemple, pas avoir fait l’objet de sanction disciplinaire. “Ce sont des permissions de sortie encadrées par l’Administration pénitentiaire et octroyées sur décision judiciaire”, a précisé le parquet.

Elles sont accordées à des détenus dans le cadre d’aménagements de peine, a expliqué de son côté le directeur interrégional de l’administration pénitentiaire, Stéphane Scotto. “Cet aménagement de peine n’a pas été fructueux, mais il l’a été en revanche pour d’autres personnes détenues qui participaient à cette permission de sortie et qui ont pleinement rendu positif son déroulement”, a-t-il ajouté. “Ce sont des faits heureusement isolés”, a-t-il souligné, rappelant que ces sorties sont des “éléments favorisant la réinsertion” des détenus et la “prévention de la récidive”.

Des précédents d’évasion dans cette prison au taux d’occupation de 137,5%

“Ça n’arrive pas tous les jours, mais ce ne sont pas des cas isolés”, pointe sur franceinfo Didier Kandassamy. Pour le syndicaliste de Force ouvrière, “on n’a jamais de sécurité maximale lors de ces sorties. Une réflexion doit peut-être être portée pour mieux encadrer les sorties et mieux sélectionner ceux qui y participent.”

La maison d’arrêt de Fleury-Mérogis a connu plusieurs évasions ces derniers temps. En avril 2022, un détenu s’était évadé lors de son transfert par la gendarmerie, au moment où le fourgon entrait dans l’allée qui mène à la prison, racontait Le Parisien. Il avait été rattrapé quelques jours plus tard, selon Le Républicain de l’Essonne. L’été de la même année, un détenu s’était évaporé pendant sept semaines après une permission de sortie, rapportait Actu Essonne. En juin 2023, un détenu s’est fait la belle en utilisant une nacelle installée pour des travaux, avant d’être interpellé quelques heures plus tard. 

Plus grand centre pénitentiaire d’Europe, la prison de Fleury-Mérogis comprenait 3 922 détenus au 1er août 2023, femmes et mineurs compris, pour 2 853 places, soit un taux d’occupation de 137,5%, selon le ministère de la Justice.



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