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Célébration de la fête juive de Hanoukka à l’Elysée : le CRIF estime que c’était « une erreur », l’opposition dénonce une entorse à la laïcité

Emmanuel Macron, à l’Elysée, le 7 décembre.

A peine publiées en ligne, les images ont suscité un tollé politique. A l’issue d’une cérémonie de la Conférence européenne des rabbins (CER) organisée jeudi 7 décembre au soir à l’Elysée, le grand rabbin de France, Haïm Korsia, a allumé, de la salle des fêtes du palais et sous les yeux du président de la République, la première bougie de Hanoukka, au premier jour de cette fête religieuse des lumières célébrée par la communauté juive.

La séquence, filmée et partagée sur X par le rabbin Mendel Samama, a rapidement suscité des réactions indignées, au nom de la défense du principe de laïcité.

« Ce n’est pas la place, au sein de l’Elysée, d’allumer une bougie de Hanoukka, parce que l’ADN républicain, c’est de se tenir loin de tout ce qui est religieux », a réagi le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Yonathan Arfi, vendredi matin au micro de Sud Radio, qualifiant d’« erreur » la séquence. « J’ai été surpris. Je me demande pourquoi Macron l’a fait, ce n’est pas son rôle », en tant que président de la République, a renchéri M. Arfi, présent lors de la cérémonie. « Je pense que c’est effectivement quelque chose qui, à mon avis, n’a pas vocation à se reproduire », a-t-il poursuivi.

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« L’Elysée n’est pas un lieu de culte »

Cette dernière était organisée à l’Elysée en raison de la remise du prix Lord Jacobovits de la CER à Emmanuel Macron, qui récompense chaque année un chef d’Etat ou de gouvernement européen pour sa lutte contre l’antisémitisme et pour la sauvegarde des libertés religieuses. C’est à la fin de la remise de prix, que la bougie de Hanoukka a été allumée dans la salle des fêtes de l’Elysée par le grand rabbin de France.

Le député socialiste Jérôme Guedj a déclaré sur X qu’« aussi sympathique que ce soit, Hanoukka est une fête religieuse. A laquelle aucun élu de la République ne devrait participer, comme toute manifestation religieuse ». « L’Elysée n’est pas un lieu de culte (…) On ne transige pas avec la laïcité », a déclaré jeudi soir la présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, sur X, dénonçant « un mauvais signal envoyé par l’Etat à la République ».

« Samedi, nous célébrerons la date anniversaire de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat. Ce soir, Macron la foule au pied en organisant une cérémonie religieuse à l’Elysée », s’est également indigné le coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard, sur X, fustigeant une « faute politique impardonnable ».

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De son côté, la sénatrice socialiste Laurence Rossignol a qualifié sur X M. Macron de « gamin de 10 ans avec une panoplie du petit chimiste, mais de la vraie nitroglycérine et des vraies allumettes ».

« C’est une entorse inédite à la laïcité », a également déclaré vendredi la députée du Rassemblement national Laure Lavalette sur LCI. « Je pense qu’il essaye de se rattraper de ne pas avoir été à la marche contre l’antisémitisme où on l’attendait », a-t-elle avancé.

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Le président de la République avait déjà été critiqué au nom de la laïcité plus tôt dans l’année pour avoir assisté à la messe du pape François à Marseille.

Pas de « violation de la laïcité », selon Gérald Darmanin

Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a défendu le président vendredi matin sur Franceinfo, arguant que « la laïcité n’est pas la négation des religions » et que M. Macron n’a commis « nulle violation de la laïcité », en laissant le grand rabbin de France allumer une bougie de Hanoukka.

« Pendant cette fête juive importante, au moment où nos compatriotes juifs connaissent des actes antisémites, où les rabbins sont attaqués, où les synagogues sont attaquées, où on agresse des gens qui ont des signes extérieurs de la religion dans la rue, je trouve ça tout à fait normal que le président de la République se mette à côté de nos compatriotes juifs », a-t-il déclaré, assurant qu’« il n’y a pas eu de cérémonie religieuse » à l’Elysée.

« Le président de la République est un défenseur des religions (…) Il les respecte toutes. En tant que chef de l’Etat, il n’y a nulle violation de la laïcité », a poursuivi M. Darmanin, ajoutant : « J’ai accompagné de multiples fois le président dans des mosquées, des synagogues, des églises, des temples (…) que le président de la République reçoive des religieux, c’est normal. »

Selon lui, « il n’y a aucun problème sur le fait que les maires puissent aller recevoir dans les mairies des personnes religieuses ». Le ministre de l’intérieur trouve, par ailleurs, « un peu absurde » les décisions de justice interdisant les crèches en mairie « parce que ça fait partie de notre vie culturelle ».

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Le Monde



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