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Concours enseignants à bac +3 : le ministère de l’éducation rouvre le chantier de la formation des professeurs

Une salle de classe de l’école élémentaire Louis-Pergaud de Mulhouse (Haut-Rhin), le 4 septembre 2023.

Comment résorber la grave crise de recrutement d’enseignants que connaît la France depuis plusieurs années ? Pour le ministère de l’éducation nationale, une partie de la réponse est à chercher du côté du positionnement des concours et de la formation initiale des professeurs. Alors que son administration a de nouveau été contrainte de prolonger la période d’inscription aux concours d’un mois, jusqu’au 7 décembre, faute de candidats en nombre suffisant, Gabriel Attal a promis des annonces début 2024 sur « l’entrée dans le métier ».

Le cabinet du ministre de l’éducation nationale a engagé depuis septembre avec les organisations syndicales des concertations sur l’attractivité de la profession d’enseignant, lors desquelles ont été présentés divers scénarios de réforme du recrutement. La piste privilégiée par la Rue de Grenelle consiste à déplacer les concours du premier et du second degré. Depuis 2022, ils sont accessibles après un bac +5. Le projet est de les ramener en fin de licence 3, puis de former les lauréats sous statut de stagiaire pendant deux ans.

Cette hypothèse a des allures d’aveu d’échec concernant la dernière réforme des concours, menée par l’ancien ministre, Jean-Michel Blanquer, durant le premier quinquennat d’Emmanuel Macron. La décision d’exiger un niveau master 2 pour se présenter aux épreuves a accentué l’érosion des inscriptions observée depuis vingt ans et conduit à un effondrement des candidatures, qui sont toujours très loin de leur niveau d’avant 2022.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Aux concours de l’enseignement, le manque de candidats est devenu la règle

Gabriel Attal a par ailleurs plusieurs fois déploré une deuxième année du master métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation (MEEF) « épuisante » pour les étudiants, qui doivent désormais mener de front la préparation du concours, la validation du master, la rédaction d’un mémoire ainsi que la réalisation de stages, voire d’une alternance. Depuis un an déjà, les appels à revoir les modalités du recrutement se sont accumulés, parmi les parlementaires de la majorité comme de l’opposition – le député (Les Républicains) du Rhône Alexandre Portier a par exemple déposé deux propositions de loi pour déplacer les concours à bac +3.

Améliorer la formation initiale des enseignants

En envisageant de repositionner les concours plus tôt, le ministère espère « élargir le vivier de candidats ». Il n’est cependant pas question de renoncer à l’exigence de valider un bac +5 pour être enseignant : l’obtention du master 2 serait obligatoire à l’issue des deux années de formation après le concours. Les lauréats, qui effectueraient des stages d’observation la première année puis seraient en responsabilité de classe à mi-temps la seconde, seraient en outre rémunérés durant les deux ans – au moins 1 770 euros brut mensuels sont envisagés.

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