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Assassinat de Samuel Paty : la famille du professeur “est déçue et en colère”, réagit son avocate après la condamnation de six collégiens

Le tribunal de Paris a condamné vendredi six collégiens jugés pour leur implication dans l’assassinat de Samuel Paty à des peines de 14 mois de prison avec sursis à six mois de prison ferme. La peine de prison ferme concerne l’adolescent qui avait désigné le professeur à son bourreau.


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Me Virginie Leroy, avocate de la famille de Samuel Paty, invitée de franceinfo le 9 décembre 2023 (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

“La famille de Samuel Paty est déçue et en colère”, a affirmé samedi 9 décembre sur franceinfo Virginie Leroy, avocate de la famille de l’enseignant poignardé puis décapité en octobre 2020 près de son collège à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) par un jihadiste. 

Les six adolescents qui étaient poursuivis pour leur implication dans l’assassinat du professeur ont été condamnés vendredi à des peines allant de 14 mois de prison avec sursis à six mois de prison ferme (aménagés sous bracelet électronique).

“La famille de Samuel Paty attendait un signal fort, une réponse à la hauteur des faits. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas.”

Me Virginie Leroy, avocate de la famille de Samuel Paty

à franceinfo

L’adolescente, âgée de 13 ans au moment des faits, qui avait, à tort, soutenu que Samuel Paty avait demandé aux élèves musulmans de la classe de se signaler et de sortir de la classe avant de montrer les caricatures de Mahomet, a été condamnée à 18 mois de sursis probatoire pour dénonciation calomnieuse. Cette condamnation nous apparaît “insuffisante” et “pas à la hauteur des faits”, a réagi l’avocate.

Maître Virginie Leroy aurait souhaité une condamnation du même type que celle infligée à l’adolescent qui avait désigné Samuel Paty au jihadiste : “Une peine avec sursis dont une part ferme sous bracelet électronique”.  C’est “une mesure symbolique, mais on attendait aussi ça pour cette jeune fille en réalité”, poursuit l’avocate, car “le rôle de cette jeune fille a été déterminant. Ce n’est pas un simple mensonge”.

L’importance de “faire passer un message”

“Le parquet pourrait faire appel, mais je ne pense pas qu’il le fera”, poursuit Me Leroy. Elle n’est pas “convaincue” de l’intérêt. Elle souligne par ailleurs que le procès des six adolescents est “assez inédit” en France. “C’est ce qui participe de la déception. Il fallait faire passer un message”, dit-elle

Le procès de huit personnes majeures accusées d’être impliquées dans l’assassinat Samuel Paty se tiendra fin 2024 devant la cour d’assises spéciale de Paris. “C’est un procès d’une autre envergure, qui va durer deux mois et demi. On va pouvoir appréhender judiciairement l’instrumentalisation d’une rumeur comme fatwa numérique”, souligne-t-elle.



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