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Des restrictions d’usage imposées au deuxième herbicide le plus utilisé en France en raison de risques pour les enfants

Epandage en Loire-Atlantique, en octobre 2021.

Pas d’interdiction. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a annoncé, mardi 3 octobre, la mise en place de restrictions d’usage pour le prosulfocarbe en raison de risques pour les enfants. Moins connu que le très controversé glyphosate, le prosulfocarbe est le deuxième herbicide le plus utilisé en France. Ses ventes sont passées de 6 500 tonnes en 2021 à 7 400 tonnes en 2022. Il est massivement épandu à l’automne sur de grandes surfaces de céréales (blé, orge, seigle, avoine…), mais aussi les pommes de terre ou certains légumes, comme les carottes. Extrêmement volatil, il contamine régulièrement des denrées alimentaires issues de cultures non traitées, empêchant la commercialisation de certains aliments, notamment issus de l’agriculture biologique.

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Saisie par le ministère de l’agriculture après la découverte, en novembre 2021, de niveaux records de concentration de prosulfocarbe dans l’air dans la plaine céréalière d’Aunis, près de La Rochelle, l’Anses a réalisé une nouvelle évaluation des risques pour les riverains. Selon l’agence, la présence de cette substance dans l’air, aux niveaux relevés dans la plaine d’Aunis, ne présente pas de risque sanitaire. En revanche, l’exposition des riverains, et en particulier des enfants, aux gouttelettes lors des épandages peut être problématique.

« L’Anses ne peut pas exclure, pour une exposition par voie cutanée principalement, le dépassement des seuils de sécurité pour des enfants se trouvant à moins de 10 mètres de distance de la culture lors des traitements », conclut l’évaluation. Cette dernière indique que les enfants peuvent être exposés à des doses jusqu’à 5 fois supérieures à la valeur toxicologique de référence. Cette dernière correspond à la quantité maximale de substance active à laquelle une personne peut être exposée quotidiennement, théoriquement sans risque sanitaire.

« Ces mesures vont dans le bon sens »

Pour limiter ce risque, l’Anses a décidé d’imposer des restrictions d’utilisation. Elles s’appliqueront à partir du 1er novembre. La première restriction passe par une diminution de la quantité utilisée, avec une réduction d’au moins 40 % des doses maximales de prosulfocarbe autorisées à l’hectare. Deuxième mesure : les agriculteurs devront utiliser du matériel de pulvérisation (buses) permettant de réduire de 90 % (contre 66 % aujourd’hui) la dérive lors de l’épandage, tout en respectant une distance de sécurité de 10 mètres (contre 5 mètres aujourd’hui) avec les zones d’habitation. Cette distance de sécurité est portée à 20 mètres en l’absence d’équipement adéquat.

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