Business

En Corse, une « nuit bleue » d’attentats s’invite dans le processus politique en vue de l’autonomie

Des attentats à l’explosif ont été perpétrés dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 octobre en Corse a confirmé, lundi, une source judiciaire, précisant qu’ils s’étaient produits dans seize communes insulaires.

Deux personnes ont été choquées et prises en charge par les pompiers après l’explosion de leur villa, à Coti-Chiavari sur la rive sud du golfe d’Ajaccio, vers 4 h 10 alors qu’elles se trouvaient à l’intérieur. « Elles ont été admises à l’hôpital », sans que leur état suscite de l’inquiétude, selon un secouriste.

La plupart des cibles de ces exactions sont des « résidences secondaires achevées ou en construction et inoccupées », a indiqué au Monde Nicolas Septe, le procureur de la République à Ajaccio, qui a ouvert des enquêtes pour « destruction par moyens dangereux et transports d’explosifs ». Il a également avisé le Parquet national antiterroriste (PNAT) qui devait être « saisi dans la nuit ».

Malgré le peu de tags ou d’inscriptions sur les maisons visées laissant penser à une action du Front de libération nationale corse (FLNC), M. Septe n’a aucun doute qu’il s’agit d’une « nuit bleue », qui porte la signature de la mouvance clandestine corse, car elle est « simultanée et elle s’est déployée sur différents points du territoire ».

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés En Corse, le FLNC tente d’exister dans le processus politique sur l’autonomie de l’île

Plusieurs explosions ont été entendues dès 22 h 10, dimanche, dans les environs d’Ajaccio mais aussi de Bastia, dans de nombreux villages, comme à Viggianello, Vico ou encore à Lecci, dans le sud de l’île de Beauté, où trois villas attenantes ont été touchées et des tags retrouvés sur les lieux, selon les secouristes.

En Haute-Corse, d’après une source judiciaire, des maisons mais aussi des lotissements ont été visés par des attentats comme à Erbalonga où quatre déflagrations ont retenti, à Lucciana et sur la plaine orientale à Santa-Lucia-di-Moriani mais aussi à Santa-Reparata-di-Balagna.

Depuis la mort de Colonna, la Corse gagnée par la violence

Ces attentats surviennent dix jours après la visite sur l’île du président de la République, Emmanuel Macron. Au sein de l’Assemblée de Corse, le chef de l’Etat était venu proposer « une forme d’autonomie » dont le contenu reste à préciser mais qui fera l’objet d’un « article propre » au sein de la Constitution.

Ces annonces ont été saluées par la majorité territoriale du président Gilles Simeoni qui veut « tracer un chemin pour la paix », mais elles ont été critiquées par le parti indépendantiste Corsica Libera – il ne compte plus qu’un élu dans l’hémicycle insulaire –, qui estime que le compte n’y est pas puisque Paris n’entend ni reconnaître le peuple corse, ni rendre sa langue co-officielle.

Il vous reste 30.71% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button