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Explosions en Corse : le Front de libération nationale revendique la nuit bleue d’attentats

Maison cible d’une attaque à l’explosif, à Villanova (Corse-du-Sud), le 9 octobre 2023.

Une poignée d’heures après la série simultanée d’une vingtaine d’attentats à l’explosif qui a touché la Corse dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 octobre, le Front de libération nationale corse (FLNC) a revendiqué ces actes. « Nous n’avons pas de destin commun avec la France, (…) a Francia fora [la France dehors] », se borne à dire un communiqué lapidaire de quatre lignes authentifié par le journal Corse-Matin, lundi 9 octobre.

Le Parquet national antiterroriste (PNAT), qui s’est d’ores et déjà saisi de vingt-deux faits depuis 2022, a ouvert une enquête protéiforme regroupant diverses infractions, allant de la « participation à une association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d’un acte de terrorisme » à la « destruction par moyen dangereux en bande organisée », la « fabrication d’engins explosifs » et la « tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste ».

Ces attentats se sont déployés à parité entre le sud de l’île, où les forces de sécurité ont dénombré dix explosions (Villanova, Ajaccio, Tavaco, Bastelicaccia, Viggianello, Lecci, Sainte-Lucie de Porto-Vecchio, Coti-Chiavari) pour trois tentatives (Pietrosella, Olmeto, Tavera) et le nord de l’île, avec neuf explosions (Brando, Lucciana, Santa-Lucia-di-Moriani, Penta-di-Casinca, Santa-Reparata-di-Balagna), trois tentatives (Ghisonaccia, Penta-di-Casinca, Brando) et trois cas qui restent à confirmer, des témoignages de riverains faisant état de déflagrations (Calvi, Borgo, Poggio).

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Cette « nuit bleue » a visé des maisons partout dans l’île entre 22 heures et minuit, avec un mode opératoire « quasi identique, couplant des bouteilles de gaz avec de l’explosif ou des hydrocarbures », détaille une source policière.

Réarmement « rapide » du FLNC

La plupart des cibles sont des résidences secondaires, mais également l’ancienne trésorerie d’Ajaccio, dont les locaux ont été soufflés, ou encore une agence immobilière à Pietrosella, sur la rive sud de la cité impériale, devant laquelle un colis piégé qui n’a pas sauté a été déposé. « Certains tags FLNC ont été retrouvés, ce qui ne fait aucun doute sur la nature politique et terroriste de ces faits », a commenté Nicolas Septe, le procureur de la République d’Ajaccio, constatant une « montée en puissance très claire de la mouvance ». La plupart de ces investigations sont menées « en synergie » par les services de gendarmerie et la police judiciaire, a indiqué François Thévenot, le procureur de la République à Bastia.

« Cette opération clandestine a dû nécessiter la mobilisation de sept équipes munies d’artificiers », estime une source judiciaire, qui ne croyait pas que « le réarmement du FLNC, qui avait observé une trêve militaire en 2014, serait si rapide ». L’organisation clandestine n’avait pas organisé une série d’explosions de cette ampleur depuis 2012. Aucun blessé n’est à déplorer, mais un couple de quinquagénaires, arrivé la veille en villégiature dans une résidence secondaire prêtée par des amis à Coti-Chiavari (Corse-du-Sud), était présent lorsque l’explosion a retenti. Tous deux, fortement choqués, ont été pris en charge par les pompiers.

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