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«Il y avait chez moi une forme d’impréparation» : Valérie Pécresse revient sur son échec à la présidentielle

Valérie Pécresse au soir du premier tour de la présidentielle de 2022. ALAIN JOCARD / AFP

Dans un entretien au Point, publié ce mercredi, l’ancienne candidate de droite en profite pour régler ses comptes avec Nicolas Sarkozy, qui ne l’avait pas soutenu. Et évoque un «dialogue assez difficile» avec lui.

Il aura fallu un an et demi pour que Valérie Pécresse se confie longuement sur son violent échec à l’élection suprême. La présidente de la région Île-de-France, qui n’avait réuni que 4,78% des suffrages le 10 avril 2022, au soir du premier tour, a donc accordé ce mercredi un entretien fleuve au Point. Considérant que «les Français ont voté davantage par peur et par colère», le président-candidat qu’était Emmanuel Macron «a bénéficié des circonstances» liées au Covid et à la guerre en Ukraine. «Beaucoup de questions clés ont été laissées de côté», se lamente Valérie Pécresse, qui raille une «campagne pour rien.» Une pique qui n’empêche pas d’assumer ses responsabilités.

«Je n’ai pas réussi à transformer l’essai. Il y avait aussi chez moi une forme d’impréparation», admet-elle. Un constat amer qui rejoint celui fait cet été par Nicolas Sarkozy dans son dernier livre Le Temps des combats (Ed. Fayard) : «Elle n’était pas prête. Elle n’avait ni l’équipe ni la maturité pour affronter une telle épreuve.» L’occasion également pour Valérie Pécresse de déplorer l’absence d’«un récit» dans sa campagne, ce «qui nécessite du temps» et «des équipes en ordre de marche». «Trois mois de campagne, c’est beaucoup trop court» pour gommer certains traits d’image négatifs, regrette-t-elle. Afin de mieux vilipender l’organisation de la primaire de la droite, qui s’était tenue entre fin novembre et début décembre 2021, l’ancienne ministre du Budget considère que Les Républicains ont «choisi (leur) candidat trop tard.»

Si elle changerait «beaucoup» de choses sur la façon dont s’est déroulée sa campagne, elle ne modifierait «rien» sur les «propositions qu’elle défendait.» «Je n’ai pas su exploiter la voie étroite qui aurait pu s’ouvrir fin 2021 pour incarner une alternative crédible. J’ai perdu une élection, c’est vrai, mais je n’ai pas perdu mes convictions», développe-t-elle. Comme si elle ne fermait pas la porte à une éventuelle candidature en 2027. Alors que la violence politique de cette période électorale «aurait pu (la) conduire à la désertion ou à la dépression», Valérie Pécresse indique avoir été «blessée» qu’on «caricature l’engagement d’une vie».

«L’avenir de la droite n’est pas de se dissoudre dans le macronisme»

«Quand on vous rabaisse, qu’on se moque de votre physique, ce n’est pas à la hauteur», explique-t-elle. La présidente de la région francilienne entend dorénavant se «montrer sans filtre.» «Je me suis protégée, blindée, j’ai mis une armure. Et se débarrasser de l’armure en trois mois, c’est difficile», affirme-t-elle. Quant à ceux, dans son camp, qui ne l’ont soutenu qu’à moitié voire pas du tout, l’ancienne leader de la droite ne garde aucune «rancune» qui «ne mène à rien.» «Je sais qui m’a aidée, qui ne m’a pas aidée, qui était là, qui n’était pas là», raconte-t-elle. Et de citer son ancien mentor Jacques Chirac : «Il faut toujours pardonner, jamais oublier.»

Quid alors de Nicolas Sarkozy, dont l’absence de soutien avant le premier tour, puis l’appel à voter pour Emmanuel Macron entre les deux tours puis à former une coalition entre le président-candidat et la droite, avaient fait grand bruit ? Valérie Pécresse ne lui a pas reparlé et expose «deux divergences fondamentales» avec lui. «Je pense que l’avenir de la droite n’est pas de se dissoudre dans le macronisme et que l’avenir de la France n’est pas de courber l’échine devant Vladimir Poutine», confie-t-elle. «Ça rend le dialogue assez difficile.»

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