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“L’esclavage c’est fini”: une manifestation en soutien aux compagnons d’Emmaüs en grève à Lille

Quelques dizaines de manifestants ont défilé à Lille en soutien aux compagnons d’Emmaüs dans le Nord, en grève depuis deux mois pour réclamer des conditions de travail digne et une régularisation.

Quelques dizaines de manifestants ont défilé samedi à Lille en soutien aux compagnons d’une communauté Emmaüs dans le Nord, en grève depuis deux mois pour réclamer des conditions de travail digne et une régularisation.

La communauté Emmaüs de la Halte Saint-Jean à Saint-André-lez-Lille (Nord) qui accueille une cinquantaine de personnes, dont 15 enfants, est visée depuis mai par une enquête pour “traite d’êtres humains” et “travail dissimulé”.

“Comme des domestiques avec leurs maîtres”

Une vingtaine de compagnons, tous en situation irrégulière, sont en grève illimitée depuis début juillet, accusant la direction de les exploiter, sans leur ouvrir de perspective d’insertion et notamment de régularisation.

“L’esclavage c’est fini, Emmaüs y en a marre”, était-il inscrit sur les banderoles déployées samedi par les grévistes soutenus par la CGT notamment.

“Nous vivions comme des domestiques avec leur maître”, a déploré une gréviste, Alixe Kobila.

Alixe indique avoir demandé à Emmaüs France de condamner publiquement ces dérives et d’écrire au préfet pour appuyer la demande de régularisation des compagnons.

Emmaüs France, qui avait annoncé en juillet le lancement d’un “audit”, s’est dit prêt à un bras de fer avec les responsables de la Halte-Saint-Jean, dont la directrice est également présidente régionale d’Emmaüs dans les Hauts-de-France.

Un Conseil d’administration prévu en septembre

Lors du Conseil d’administration d’Emmaüs France prévu en septembre, “nous allons essayer de tout mettre à plat”, a indiqué à l’AFP Sylvie Desjonquères, vice-présidente de la branche communautaire d’Emmaüs.

“Mais s’ils ne nous ont pas répondu” sur les trois points d’achoppement: la mise en retrait de la directrice, la présence d’un membre de droit d’Emmaüs France dans le Conseil d’administration de la Halte et la réalisation d’un audit, “nous lancerons une procédure de conflit”, a-t-elle prévenu.

“Ce qui importe aujourd’hui, c’est le résultat de l’enquête préliminaire, pour éclaircir la situation” a pour sa part estimé Pierre Duponchel, le président du conseil d’administration de l’établissement, réaffirmant sa confiance à la directrice actuelle, Anne Saingier.

Une autre communauté Emmaüs du Nord a entamé mardi un mouvement de grève, celle de Grande-Synthe, pour protester contre les conditions de travail. Selon Christelle Veignie, secrétaire générale de l’Union locale CGT à Dunkerque, une vingtaine de compagnons y participent.

Contrairement à la Halte-Saint-Jean, qui est restée une simple association, la communauté de Grande-Synthe a adopté le statut d’oacas (organismes d’accueil communautaire et d’activités solidaires) qui prévoit une meilleure protection sociale des compagnons.

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