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Emmanuel Macron assiste à l’allumage d’une bougie pour la fête juive de Hanoukka à l’Elysée, des élus dénoncent une atteinte à la laïcité

Des élus à gauche et à droite ont dénoncé une atteinte à la laïcité après l’organisation d’une célébration juive à l’Elysée. L’entourage du président se défend, estimant qu'”assister à une manifestation cultuelle, ce n’est pas porter atteinte à la laïcité”.


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L'entrée du palais de l'Elysée, à Paris, le 22 novembre 2023. (MAGALI COHEN / HANS LUCAS / AFP)

La célébration est loin de faire l’unanimité. Des personnalités politiques à droite comme à gauche dénoncent une atteinte à la laïcité, après la célébration à l’Elysée du premier jour de la fête juive d’Hanoukka, en présence d’Emmanuel Macron, jeudi 7 décembre au soir.

L’Elysée accueillait jeudi la cérémonie de la Conférence des rabbins européens. A cette occasion, le chef de l’Etat a assisté à l’allumage d’une bougie de Hanoukka par le grand rabbin de France Haïm Korsia, au premier jour de cette traditionnelle fête juive des lumières, comme en atteste une vidéo publiée par le rabbin strasbourgeois Mendel Samama sur X (ex-Twitter).

Une vidéo qui a provoqué de nombreuses critiques de la part d’internautes et de plusieurs personnalités politiques, notamment à gauche. Le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard a dénoncé sur X “une faute politique impardonnable”. Il estime qu’Emmanuel Macron “foule au pied” la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat “en organisant une cérémonie religieuse à l’Élysée”.

Une opinion partagée par le secrétaire national à la laïcité du Parti socialiste Jérôme Guedj, sur le même réseau social : “Aucun élu de la République ne devrait participer” à une cérémonie de Hanoukka, “comme toute manifestation religieuse”. “L’Elysée n’est pas un lieu de culte. (…) On ne transige pas avec la laïcité”, a renchéri Carole Delga, présidente de la région Occitanie, dénonçant “un mauvais signal envoyé par l’Etat à la République”.

“Une erreur” pour le président du Crif

Au centre et à droite aussi, certains élus critiquent cette décision. “Comment peut-on refuser de participer à une marche civique contre l’antisémitisme au motif incongru et fallacieux de la sauvegarde de l’unité nationale, et célébrer une fête religieuse au sein du palais présidentiel ?”, s’interroge le maire Les Républicains de Cannes David Lisnard. Une critique reprise par la sénatrice du groupe Union centriste Nathalie Goulet, qui considère cet événement comme “une brèche (…) malheureuse” dans le principe laïcité “dont il (Emmanuel Macron) est le garant”.

“Je pense que c’est une erreur, et que [l’allumage de cette bougie] n’aurait pas dû se produire”, a estimé le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Yonathan Arfi, interrogé sur Sud Radio vendredi, tout en rappelant que “l’invitation ne portait pas sur cette fête religieuse”.

Plusieurs spécialistes des questions de laïcité ont également fait part de leur malaise. “Se rend-on compte de la boîte de Pandore ainsi ouverte par [Emmanuel] Macron en contravention avec 145 ans d’histoire républicaine ?”, s’alarme l’historien Eric Anceau. “Le Président doit demeurer le garant d’un régime républicain de laïcité, fragile aujourd’hui, et que Macron fragilise encore par son insouciance”, a pour sa part ajouté l’historien Christian Delporte.

“Assister à une manifestation cultuelle, ce n’est pas porter atteinte à la laïcité”

Auprès de franceinfo, l’entourage du président se défend, assurant qu’il ne s’agissait pas d’une “cérémonie de Hanoukka”. “Le président a reçu le prix Lord Jakobovits de la Conférence européenne des rabbins” qui récompense les gouvernants européens luttant contre l’antisémitisme, précise l’entourage d’Emmanuel Macron, estimant qu’“assister à une manifestation cultuelle, ce n’est pas porter atteinte à la laïcité”.

Au cours de cette célébration, Emmanuel Macron a également promis de fixer “dans les semaines à venir” la date d’un hommage aux victimes de l’attaque du Hamas le 7 octobre en Israël. Cette date sera choisie “en concertation avec les familles”, a ajouté le président, qui explique avoir “attendu parce que plusieurs de ces familles ont perdu des enfants, des proches, et ont encore des otages”.



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