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La France autorise pour la première fois la recherche de réserves d’hydrogène naturel

La ministre de la transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, et le ministre de la transition écologique, Christophe Béchu, à Paris, le 22 novembre 2023.

Le gouvernement français a autorisé, pour la première fois en France, un projet de recherches d’hydrogène dit « blanc », un combustible naturellement présent dans le sous-sol et dont l’intérêt est croissant pour décarboner l’industrie et les transports.

Annoncé dans le Journal officiel, dimanche 3 décembre, ce « permis exclusif de recherches de mines d’hydrogène natif, hélium et substances connexes dit “Sauve Terre H2” » concernera une zone de 225 kilomètres carrés environ située dans les Pyrénées-Atlantiques, précise l’arrêté du 23 novembre signé par la ministre de la transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, et par le ministre délégué chargé de l’industrie, Roland Lescure.

Il a été accordé à la société TBH2 Aquitaine pour une durée de cinq ans, devenant ainsi le premier des projets de recherches d’hydrogène naturel à être autorisé parmi six demandes déposées en France, a fait savoir le ministère de la transition énergétique. Le ministère a également précisé que les cinq autres sont « à l’instruction ».

« TBH2 Aquitaine restera la première société en France à avoir obtenu un permis exclusif de recherches pour l’hydrogène natif », s’est félicité Vincent Bordmann, le fondateur de la société, en évoquant un « grand jour ». Selon lui, l’octroi de ce permis signifie que les travaux d’exploration peuvent commencer, à savoir des études, notamment sismiques. Le forage n’interviendra que dans deux ou trois ans, après de nouvelles autorisations.

Une autre demande déposée dans les Pyrénées-Atlantiques

Dans les Pyrénées-Atlantiques, une autre demande de permis a été déposée en mars conjointement par les sociétés 45-8 ENERGY et Storengy, pour une superficie de 266 kilomètres carrés, mitoyenne du projet Sauve Terre H2 sur 10 kilomètres.

L’hydrogène est très convoité pour le potentiel de décarbonation qu’il offre aux industries et à la mobilité, à condition d’être lui-même produit à partir d’électricité verte ou décarbonée.

Présent naturellement partout sur la planète, l’hydrogène blanc suscite de fait des appétits croissants, car il a l’avantage de ne pas émettre de dioxyde de carbone, un des gaz à effet de serre responsables du changement climatique, contrairement à celui produit à partir d’énergies fossiles dit hydrogène « gris ».

Jusqu’à présent, 95 % de l’hydrogène produit dans le monde est de l’hydrogène gris, fabriqué par les industriels de la chimie ou de la pétrochimie par le « réformage » du gaz, un processus toutefois très émetteur de gaz à effet de serre. D’autres formes d’hydrogène existent : « bleu », « vert » et « jaune », selon qu’ils recourent au gaz avec captage de carbone, à des sources d’électricité verte (éolienne, solaire, hydroélectrique) par électrolyse de l’eau ou qu’il est produit à partir d’électricité nucléaire.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés L’hydrogène est-il la solution miracle pour la transition énergétique ?

Le Monde avec AFP

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