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Bordeaux : après un accident impliquant la voiture du maire, la victime dissuadée de porter plainte

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Une étudiante a été percutée par la voiture du maire de Bordeaux alors qu'elle circulait en trottinette
Une étudiante a été percutée par la voiture du maire de Bordeaux alors qu’elle circulait en trottinette (©Illustration/Actu.fr)

Le 5 octobre, une étudiante de 22 ans est entrée en collision avec la voiture de Pierre Hurmic alors qu’elle circulait en trottinette au niveau du Jardin public. La jeune femme vient de porter plainte pour « blessures involontaires et délit de fuite », selon les informations de Sud Ouest.

Le maire était l’un des deux passagers du véhicule, que son chauffeur conduisait. Ils ne sont pas descendus de la berline noire.

Le déroulé des faits 

Retour au jeudi 5 octobre 2023. Alors qu’elle rentre chez elle après son stage en kinésithérapie vers 15 heures, la jeune étudiante traverse « à un passage piéton » au niveau du Jardin public. Elle raconte que son feu piéton est vert et qu’elle voit une voiture « avancer au ralenti », pensant que son chauffeur va s’arrêter.

« Mais il s’est mis à accélérer, confie-t-elle à Sud Ouest. J’ai tapé contre la portière. J’ai pris le guidon de ma trottinette dans le ventre, ça m’a fait le coup du lapin », ajoute-t-elle. La jeune femme n’est cependant pas tombée.

Elle relate que le conducteur baisse alors sa vitre, s’excuse, avant d’expliquer qu’il est pressé car il doit rejoindre le cortège du ministère de la Culture. Et selon la victime, le chauffard s’en va, sans descendre de sa voiture pour vérifier son état ni prendre ses coordonnées. Ce sont des témoins de la scène qui assureront avoir reconnu le maire dans la voiture. 

« Il a redémarré au feu vert »

La mairie, elle, confirme que « selon les déclarations du chauffeur de la Ville à sa hiérarchie et à l’assurance, son véhicule était arrêté au feu rouge à hauteur du 36 cours de Verdun à l’intersection du cours de Gourgue ».

Une trottinette est bien venue percuter « l’aile avant gauche de la voiture, provoquant un freinage d’urgence du conducteur ». Mais concernant les feux, les versions divergent : la Ville assure que le conducteur a « redémarré au feu vert ».

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Le chauffeur aurait proposé à la victime d’aller se garer sur le côté pour faire un constat et qu’elle reprenne ses esprits mais « elle a décliné cette proposition en disant « désolée c’est de ma faute » et elle s’est éloignée, probablement sous le choc », souligne le cabinet du maire à actu Bordeaux. « Le véhicule de la mairie a alors repris sa route », termine la Ville.

Par téléphone, le cabinet du maire souligne aussi que la jeune fille n’était « pas sur un passage piéton mais au milieu de l’axe Gourgue ». 

La jeune femme dissuadée de porter plainte

L’histoire ne s’arrête pas là. Suite à l’accident, la victime se rend au commissariat de Mériadeck pour porter plainte, où on lui explique qu’elle n’est pas blessée et que « c’est compliqué », toujours d’après nos confrères. Elle souffre pourtant de douleurs au cou et file aux urgences. Elle est atteinte d’une entorse des cervicales, et se voit prescrire deux jours d’ITT. 

Le lendemain, elle tente à nouveau de déposer plainte au commissariat de la Bastide où on la convainc de déposer une main courante. Elle affirme à Sud Ouest que la police lui a indiqué qu’elle allait « se rapprocher de la mairie ». Une fois chez elle, bingo. Le chauffeur l’appelle, s’excuse, confirme qu’il conduisait le maire. La jeune femme affirme à Sud Ouest qu’il lui aurait dit « vouloir trouver un arrangement ».

L’étudiante explique qu’elle reçoit ensuite plusieurs autres appels du chauffeur avant de cesser de lui répondre. Là-dessus, les versions divergent : la Ville explique que le chauffard a contacté la trottinettiste « pour l’inviter à venir dresser le constat amiable qu’elle avait décliné la veille ».

« Expliquant être au moment de l’appel peu disponible, elle a demandé à être recontactée plus tard ». La mairie ajoute que le jour-même et les suivants, le chauffeur a en effet tenté de la joindre au même numéro, sans réponse. 

« Elle aurait dû pouvoir faire valoir ses droits de manière normale »

Toujours pas découragée, la victime retourne au commissariat et tombe face à une policière qui tente, d’après elle, de la convaincre de ne pas déposer plainte. C’est finalement vers la procureure de la République qu’elle se tournera pour le faire.

Le cabinet de Pierre Hurmic soutient que les tentatives de dissuasion – si elles ont eu lieu – sont « graves ». La victime « aurait dû pouvoir faire valoir ses droits de manière normale ». Dans un communiqué, la mairie développe.

La situation doit être traitée dans le respect strict du droit, quelque-soit la personne transportée. Le maire de Bordeaux a rappelé cette consigne élémentaire aux services qui relèvent de son autorité.

Mairie de Bordeaux

Le cabinet du maire s’inquiète des « versions différentes » données par la jeune femme (au chauffeur, à la procureure et à la presse) et craint qu’elle ne soit « mal conseillée » dans l’optique d’une récupération politique. 

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