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Le directeur de Sciences-Po Paris, Mathias Vicherat, est sorti de garde à vue pour violences conjugales

Sciences-Po, le feuilleton d’une successiondossier

Mathias Vicherat et sa compagne avaient été placés en garde à vue au commissariat du VIIe arrondissement de Paris dimanche 3 décembre au soir. Ils s’accusaient mutuellement des mêmes faits. Ils ont été relâchés lundi en fin d’après-midi.

Le directeur de Sciences-Po Paris, Mathias Vicherat, a été placé en garde à vue dans un commissariat parisien, ce dimanche 3 décembre, pour des faits de violences conjugales. La garde à vue se déroulait au commissariat du VIIe arrondissement de la capitale d’après le parquet de Paris. Le parquet a précisé que Mathias Vicherat et sa compagne avaient été placés en garde à vue dimanche soir, chacun accusant l’autre de violences conjugales. Les deux ont été relâchés lundi en fin d’après-midi. «L’unité médico-judiciaire n’a relevé d’incapacité totale de travail sur aucun des deux, et aucun des deux n’a souhaité déposer plainte à ce stade. L’enquête se poursuit en préliminaire», a précisé le ministère public.

«Notre établissement se doit d’agir de façon intransigeante et prendre ses responsabilités», avait réagi le syndicat l’Union Etudiante dès l’annonce de la garde à vue. «Les auteurs de violences sexistes et sexuelles n’ont pas leur place dans nos lieux d’études et l’impunité doit cesser. Dans ce contexte, nous considérons que la confiance entre la direction et la communauté étudiante est rompue. Mathias Vicherat doit donc faire preuve d’exemplarité et démissionner immédiatement. En attendant, la direction de l’établissement doit le suspendre de ses fonctions», demandait l’organisation.

Mathias Vicherat avait succédé en novembre 2021 à la tête de Sciences-Po Paris à Frédéric Mion, contraint de démissionner en février de cette année-là pour avoir dissimulé les soupçons d’inceste visant le politologue Olivier Duhamel. Dans le sillage du scandale Duhamel, un mouvement de dénonciations de violences sexuelles dans les instituts d’études politiques (IEP) avait émergé, d’abord sur les réseaux sociaux sous le mot-clef #SciencesPorcs.

Frédéric Mion avait lui-même été désigné à la tête de Sciences Po Paris après le décès accidentel dans une chambre d’hôtel à New York de Richard Descoings, emblématique patron de Sciences Po de 1996 à 2012 qui a profondément modernisé et développé l’institution fondée en 1872. Le bilan de l’ère Descoings avait cependant été assombri par un rapport au vitriol de la Cour des comptes sur la gestion financière de l’établissement, ce qui avait suscité une première crise de gouvernance.

Camarade de promotion (2004) d’Emmanuel Macron à l’ENA, Mathias Vicherat a d’abord entamé une carrière préfectorale. Il était ensuite entré, en 2010, au cabinet de Bertrand Delanoë lorsqu’il était maire de Paris, puis dans celui d’Anne Hidalgo, avant de devenir directeur général adjoint de la SNCF. Et, donc, de diriger l’Institut d’études politiques de Paris, mieux connu sous le nom de Sciences-Po, où il avait été étudiant (promotion 2000).

Mise à jour à 17h11 avec la réaction de l’Union étudiante.

Mise à jour à 17h53 avec la levée des gardes à vue.

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