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Le directeur de Sciences Po Paris, Mathias Vicherat, placé en garde à vue pour violences conjugales

Le directeur de l’Institut d’études politiques (Sciences Po), Mathias Vicherat, à Paris, le 28 mars 2022.

Le directeur de Sciences Po Paris, Mathias Vicherat, a été placé en garde à vue dimanche 3 décembre au soir pour des faits de violences conjugales, a appris lundi l’Agence France-Presse (AFP) d’une source proche du dossier. La compagne de M. Vicherat a également été placée en garde à vue, chacun accusant l’autre de violences conjugales, a précisé le parquet auprès de l’AFP.

M. Vicherat avait succédé en novembre 2021 à la tête de Sciences Po Paris à Frédéric Mion, contraint de démissionner en février de la même année pour avoir dissimulé les soupçons d’inceste visant le politologue Olivier Duhamel. Ce dernier était alors président de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), qui finance l’institution.

Opposé à la directrice de recherche au CNRS Christine Musselin et à l’administrateur général du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), Olivier Faron, M. Vicherat avait été largement élu par les conseils de gouvernance de l’Institut d’études politiques et de la FNSP pour prendre la tête de Sciences Po Paris.

« La sidération est la même qu’au moment de l’affaire Duhamel »

Ancien élève de Sciences Po, dont il est sorti en 2000, Mathias Vicherat est un ancien camarade de promotion d’Emmanuel Macron à l’ENA. Il est décrit comme un touche-à-tout ambitieux doté d’un solide réseau.

Il a travaillé à la direction générale de la police nationale (DGPN) avant d’exercer les fonctions de directeur de cabinet du maire de Paris Bertrand Delanoë puis d’Anne Hidalgo, de directeur général adjoint de la SNCF puis de secrétaire général de Danone.

Peu après son arrivée à la tête de Sciences Po, il avait qualifié de « priorité absolue » la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

« On attend bien sûr d’avoir des éléments supplémentaires, mais on ne peut pas fermer les yeux sur ce sujet, a réagi auprès de l’AFP Inês Fontenelle, vice-présidente étudiante du conseil de l’Institut et membre du conseil d’administration de la FNSP. Et encore moins dans le contexte de Sciences Po qui a connu l’affaire Duhamel, et plus récemment des blocages d’étudiants pour dénoncer le laxisme de l’institution face aux violences sexistes et sexuelles. Par devoir d’exemplarité, nous pensons que Mathias Vicherat ne peut représenter l’institution et si ces faits sont avérés, nous demanderons sa démission. »

« On a tous appris l’information par la presse, et on est tous sous le choc. La sidération est la même qu’au moment de l’affaire Duhamel », a-t-elle complété.

Lire aussi le portrait (2021) : Article réservé à nos abonnés Mathias Vicherat, un homme de réseaux à la tête de Sciences Po Paris

Le Monde avec AFP

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