Business

En visite à Toulouse, le ministre des Transports Clément Beaune chahuté par des opposants à l’autoroute A69

l’essentiel
Invité au salon Futurapolis, ce samedi 2 décembre au Quai des savoirs à Toulouse, Clément Beaune, ministre délégué aux Transports, a été pris à partie par une dizaine d’opposants à l’autoroute A69 qui doit relier Toulouse à Castres.

Il savait que son déplacement à Toulouse dans le contexte de crispation lié à la réalisation de l’autoroute A69 n’allait pas être facile. Toutefois, Clément Beaune, ministre délégué aux Transports, a accepté de participer au grand entretien du salon Futurapolis, ce samedi, au Quai des savoirs. Quelques minutes après avoir dit que : “la mobilité est un besoin humain fondamental” et que “l’enjeu est de trouver un chemin face aux enjeux écologiques”, un premier opposant s’est levé de son siège pour déclamer tout le mal qu’il pense de cette réalisation “écocide”. Invité à poser sa question lors de l’échange prévu en fin d’intervention, le ministre a repris la parole pour justifier son choix de soutenir l’A69. “Certains projets autoroutiers seront arrêtés et d’autres maintenus et nous n’en lancerons pas d’autres”, a tenu rassurer le ministre quand un deuxième activiste puis un troisième ont, sur le même modèle, crié leur rejet du projet d’autoroute entre Toulouse et Castres.

Enjeu démocratique

Tellement bien que les organisateurs ont décidé de donner le micro aux opposants, membres d’une dizaine de collectifs, afin que le débat puisse avoir lieu au risque de sacrifier les autres sujets sur les transports au seul problème de l’A69. “Pourquoi persister dans cette erreur?”, lui a demandé un intervenant. “Je me suis posé beaucoup de questions et j’ai fait le choix de poursuivre car le projet a été validé par de nombreux élus qui ont gagné des élections en faisant campagne sur la réalisation de l’A69” a répondu Clément Beaune. “Il est soutenu par 90% des élus du secteur et a fait l’objet de 500 réunions publiques. Nombreux sont ceux aussi qui sont favorables. Pire aurait été de ne pas faire ce qui a été décidé de façon démocratique”. Interrogé sur le projet alternatif “Une autre voie” qui propose de réaliser la première véloroute nationale française de 87 km, le ministre estime qu’il ne s’agit pas du même usage car “dans les campagnes, les gens ont encore besoin des voitures pour circuler. 85% des gens en France se déplacent en voiture car les zones rurales ne sont pas assez équipées de transports en commun. Le vélo c’est bon pour les bobos parisiens comme moi. Quant au projet alternatif de rénover la nationale actuelle, il détruit six fois plus d’arbres. Ce n’est donc pas une bonne solution”.

Toujours plus vite

Un échange interrompu par une action d’une dizaine d’opposants qui se sont approchés de la scène où se trouvait le ministre en criant leur désaccord et en se laissant tomber en faisant couler de l’encre rouge sur leur corps. Les organisateurs ont décidé d’arrêter la rencontre qui s’est poursuivie en petit comité avec, notamment, deux jeunes femmes de 16 ans qui ont expliqué leurs inquiétudes au ministre en termes de santé et d’écologie tout en fustigeant “cette autoroute chère pour les riches qui va coûter 17€ l’aller-retour”. “Rien n’est encore décidé concernant le prix”, assure le ministre. “Le montant du péage dépendra de l’engagement des collectivités”.

A69 pour les voitures, Ligne à grande vitesse pour le train, ces projets décidés pour améliorer l’offre de transport et le quotidien des gens ne font pas vraiment l’unanimité. Jeunes et moins jeunes se demandent pourquoi aller toujours plus vite? Plus vite vers où? Plus vite vers quoi? Une interrogation qui fait dire à Clément Beaune : “La vitesse et la rapidité ne feront plus partie des premiers critères de choix des projets”.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button