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Mathias Vicherat, directeur de Sciences Po, propose sa « mise en retrait provisoire » après avoir été entendu pour violences conjugales

Le directeur de Sciences Po, Mathias Vicherat, entendu récemment par la police dans une affaire de violences conjugales, a « proposé » lundi 11 décembre sa « mise en retrait provisoire » à la présidente de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), Laurence Bertrand Dorléac, dans un message adressé à toute l’école et transmise à l’Agence France-Presse (AFP).

« J’ai proposé à (…) Laurence Bertrand Dorléac de me mettre provisoirement en retrait de mes fonctions selon des modalités, un calendrier et une durée qu’il lui revient de définir et qu’elle présentera dans les différentes instances cette semaine », est-il écrit.

M. Vicherat et sa compagne, qui s’accusent réciproquement de violences conjugales, avaient été placés en garde à vue les 3 et 4 décembre. « L’unité médico-judiciaire n’a relevé d’incapacité totale de travail sur aucun des deux, et aucun des deux n’a souhaité déposer plainte à ce stade. L’enquête se poursuit en préliminaire », avait précisé le parquet de Paris, le 4 décembre.

Assemblée générale et occupation des locaux

Le lendemain, M. Vicherat avait écrit aux étudiants, enseignants, salariés, membres des conseils de l’institution, pour assurer qu’il « entend[ait] » leur « émotion » et leur promettre de les « rencontrer très prochainement ». Dans ce message également adressé aux anciens étudiants, M. Vicherat, en poste depuis 2021, tenait aussi à « redire [son] attachement sincère et profond aux valeurs de [leur] établissement », a-t-on appris auprès de la direction de Sciences Po.

Après une assemblée générale réunissant 250 personnes le 6 décembre à Sciences Po Paris, une occupation du siège historique de l’école avait été votée pour obtenir la démission du quadragénaire.

M. Vicherat avait succédé en novembre 2021 à Frédéric Mion, contraint de démissionner en février de la même année pour avoir dissimulé les soupçons d’inceste visant le politologue Olivier Duhamel. Ce dernier était alors président de la FNSP, qui finance l’institution.

Opposé à Christine Musselin, directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), et à Olivier Faron, administrateur général du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), M. Vicherat avait été largement élu par les conseils de gouvernance de l’Institut d’études politiques et de la FNSP pour prendre la tête de Sciences Po Paris.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Après la mise en cause de Mathias Vicherat pour violences conjugales, une centaine d’étudiants occupent Sciences Po Paris

Le Monde avec AFP

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