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Menaces de mort, violences… Au sud de Nantes, une réunion publique sur l’accueil des Roms s’envenime

La Loire-Atlantique est le deuxième département français qui compte le plus de Roms. Leur nombre est estimé à près de 3000. Photo d’illustration : LT/Le Figaro

Vendredi, la présentation d’un projet d’habitat solidaire pour les migrants d’Europe de l’est par des élus de Rezé, commune limitrophe de Nantes, a donné lieu à des injures et une bousculade. Agnès Bourgeais, la maire, monte au créneau.

Le Figaro Nantes

Agnès Bourgeais, la maire divers gauche de Rezé, commune limitrophe de Nantes, est animée d’une «profonde colère» et d’un sentiment de «désarroi» après une réunion publique qui s’est tenue vendredi soir dans une salle du château de la Classerie, un site historique reconverti en maison des associations. Ayant pour objet, la «présentation d’un projet d’habitat solidaire pour les migrants d’Europe de l’est », le temps d’échange qui réunissait environ 200 personnes a dégénéré. Le débat, houleux, a donné lieu à des «comportements inacceptables» dixit l’édile.

«Il ne s’agissait pas simplement d’une contestation ou d’une opposition au projet, mais d’injures, de propos racistes et stigmatisants, et d’intimidations des soutiens présents», écrit la maire de Rezé dans un communiqué diffusé ce mardi. «Le climat était à la ferveur collective, et au défouloir envers les élu.e.s.», ajoute-t-elle. La maire précise avoir été victime, tout comme plusieurs conseillers municipaux, «de menaces de mort, de poursuites à nos domiciles, et de violences physiques». Dans l’emportement, «deux personnes ont été poussées violemment».

«Situation inadmissible et choquante»

Selon Ouest-France , la situation s’est envenimée quand une trentaine de personnes, se réclamant de la communauté des gens du voyage, a investi la salle où se tenait le débat au sujet de l’installation de douze mobile-homes, d’ici juin 2024, pour des foyers roms faisant déjà état d’un suivi par la municipalité. Parmi les véhéments contestataires, certains ont été vus avec des bouteilles d’alcool à la main. Ils seraient à l’origine des injures racistes et d’une bousculade envers l’adjoint à la tranquillité publique. Ces actes violents ont été applaudis par une poignée de riverains, note le quotidien régional alors que d’autres ont préféré quitter la salle.

«Cette situation est profondément choquante et inadmissible dans notre République et notre commune, cingle Anne Bougeais. Elle s’ajoute à la trop longue liste de situations similaires, où des élus sont agressés, intimidés, harcelés. Nous en connaissons les conséquences mieux que personnes ici, à Rezé.» Des propos qui font référence au suicide de son prédécesseur, Hervé Neau, qui s’était donné la mort en février 2022 dans les locaux de l’Hôtel de ville, après avoir été la cible de plusieurs courriers aux contenus malveillants.

Appel à la «réaction collective»

Au-delà du cas spécifique de cette réunion, dans son communiqué, Agnès Bourgeais fustige un climat d’hostilité croissant envers les élus: «La démission du maire de Saint-Brévin , de même que l’attaque au domicile du maire de L’Hay-les-Roses ont notamment marqué les esprits. […] Pour autant, nous restons confrontés à ces pratiques intolérables, et sommes bien seuls pour les gérer.» Une situation qui obligerait les élus à faire un choix de «façon abjecte», selon la maire de Rezé, entre «renoncer à mener les actions […] à destination des personnes subissant la précarité» ou «mettre en danger nos services, les bénéficiaires de nos actions, et même, nos familles».

Disant refuser de s’engager «dans un combat dans lequel prévaudrait la loi du plus fort», Agnès Bourgeais en appel à la «responsabilité et à la réaction collective». Son communiqué se conclut par le constat qu’elle fait du récent événement: «À l’heure actuelle, dans notre société, conduire des projets de solidarité envers les plus démunis implique de se mettre personnellement en danger».

La maire, accompagnée de plusieurs membres de sa liste, organise jeudi matin une conférence de presse «en réaction» à la réunion publique perturbée. L’occasion de peut-être évoquer une éventuelle plainte de la part de la commune.

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