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Meurtre de Thomas à Crépol : des militants d’extrême droite samedi soir à Romans-sur-Isère pour « en découdre »

Tensions entre l’extrême droite et les jeunes du quartier de la Monnaie, à Romans-sur-Isère, le 25 novembre 2023, après le meurtre du jeune Thomas.

Plusieurs dizaines d’individus d’extrême droite encagoulés, certains armés de battes de base-ball, ont défilé samedi 25 novembre à Romans-sur-Isère, à la suite de la mort de Thomas, 16 ans, à Crépol (Drôme) le week-end précédent. La petite centaine de militants s’est retrouvée à proximité du quartier de la Monnaie derrière une banderole « Justice pour Thomas, ni pardon, ni oubli », selon des images diffusées sur les réseaux sociaux par cette mouvance.

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Pendant la soirée, un jeune militant de la mouvance d’extrême droite a été frappé et blessé, a annoncé dimanche la préfecture. Originaire de la Mayenne, l’homme a été « sorti de sa voiture de force », puis « tabassé », son véhicule « brûlé » et « il a été fortement contusionné », a déclaré le préfet de la Drôme, Thierry Devimeux, au cours d’un point de presse. « Ses jours ne sont pas en danger », a-t-il précisé en condamnant « avec force » les excès de violences liés au drame de Crépol.

Samedi soir, les forces de l’ordre ont repoussé les militants qui étaient « venus en découdre » avec les jeunes du quartier, selon M. Devimeux. Une vingtaine d’interpellations suivies de dix-sept gardes à vues ont permis le retour du calme, selon une source policière. « Les nombreuses forces de l’ordre (…) vont continuer à agir pour empêcher toute violence supplémentaire, d’où qu’elle vienne, et retrouver tous les auteurs d’actes inacceptables », a publié dans la nuit sur X le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin.

Les militants, tous jeunes, sont venus de différentes villes de France : Besançon, Paris, Montpellier et Nantes, selon la source policière.

Dimanche, une quarantaine de militants se sont à nouveau rassemblés dans le centre-ville de Romans-sur-Isère en petits groupes et ont été dispersés par les forces de l’ordre, qui ont réalisé au moins une interpellation, selon la préfecture.

« Un seuil est franchi »

Le défilé à Romans-sur-Isère a été condamné par des responsables politiques. Le député Sacha Houlié (Renaissance) a pointé sur Franceinfo la « responsabilité politique (…), notamment du Rassemblement national, des troubles à l’ordre public ». « L’extrême droite a une vraie responsabilité », a approuvé la patronne des Ecologistes, Marine Tondelier, sur LCI, « et ce n’est pas la première fois, ça fait des mois que ça monte en criant “La rue, la France nous appartient” ».

« Un seuil est franchi. Une milice recrutée dans toute la France est venue agresser les habitants d’un quartier populaire », a déploré sur X le leader de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon. Le coordinateur politique de LFI, Manuel Bompard, a dénoncé sur CNews et Europe 1 « une tentative de ratonnade » et dénoncé la volonté de l’extrême droite de « donner une lecture politique à ces actes alors que l’enquête est toujours en cours ».

A droite, Julien Aubert, vice-président du parti Les Républicains, a regretté sur BFM-TV « l’instrumentalisation d’un crime pour essayer de faire avancer des idées dangereuses ».

La maire de Romans-sur-Isère, Marie-Hélène Thoraval (Les Républicains), a appelé dimanche à « se mettre autour de la table et à travailler autrement (…) face à un niveau de délinquance qui appelle d’autres formes de réponses » à Romans-sur-Isère et dans d’autres villes. Elle estime que la délinquance trouve « ses racines dans la radicalisation » et le « trafic de drogue ».

Montée des tensions

Le défilé de samedi soir coïncidait avec la présentation au parquet de Valence des suspects accusés d’avoir participé aux violences qui ont conduit à la mort de Thomas. Neuf jeunes, dont trois mineurs, ont été mis en examen, six placés en détention et trois remis en liberté sous contrôle judiciaire.

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Nourries par des prises de position virulentes de l’extrême droite et de la droite sur le thème de l’insécurité et de l’immigration, les tensions sont montées depuis les violences de Crépol. Dans la matinée de samedi, une mosquée de Valence a reçu un courrier islamophobe évoquant le drame et des tags ont été découverts sur les murs de la mosquée de Cherbourg-en-Cotentin (Manche).

Une grande marche blanche à la mémoire de Thomas a réuni plus de 6 000 personnes mercredi à Romans-sur-Isère, avant ses funérailles, célébrées vendredi en présence de 2 000 personnes. Ce week-end, le monde du rugby, un sport qu’il pratiquait, lui rend hommage avec une minute de silence lors de toutes les rencontres.

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Le Monde avec AFP



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