Business

Monique Olivier jugée pour complicité de trois crimes commis par son ex-époux, le tueur en série Michel Fourniret

Monique Olivier, devant la cour d’assises des Ardennes, à Charleville-Mézières, le 27 mars 2008.

Le « troisième procès Fourniret » s’ouvre mardi 28 novembre devant la cour d’assises des Hauts-de-Seine, sans Michel Fourniret, mort en 2021 à 79 ans. Pour la première fois, Monique Olivier, 75 ans, va comparaître seule. L’ancienne épouse du tueur en série – ils ont divorcé en détention, en 2010 – est accusée d’avoir été complice de l’enlèvement et de la séquestration suivis de mort de trois jeunes filles (crime aggravé par un viol dans un cas) il y a vingt, trente-trois et trente-cinq ans. Il s’agit du premier procès concernant des investigations menées par le pôle des affaires non élucidées et des crimes en série – le pôle « cold cases » –, lancé en mars 2022.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Comment le nouveau pôle « cold cases » enquête sur les crimes et les disparitions non élucidés

Marie-Angèle Domèce, 18 ans, a disparu le 8 juillet 1988 à Auxerre, sur le chemin entre le foyer où elle résidait et la gare où elle devait prendre un train pour rendre visite à sa nourrice. Le corps nu de Joanna Parrish, 20 ans, assistante d’anglais dans un lycée d’Auxerre, a été découvert dans la commune voisine de Monéteau, immergé dans l’Yonne, le 17 mai 1990. Le jour de sa disparition, elle devait retrouver un individu qui avait répondu à sa petite annonce proposant des cours d’anglais. Estelle Mouzin, elle, a disparu sur le trajet du retour entre l’école et sa maison à Guermantes (Seine-et-Marne), le 9 janvier 2003. Elle avait 9 ans. Ces trois jeunes filles sont les 3e, 7e, et 11e (et dernière) victimes connues de Michel Fourniret.

Dans ces trois cas, les investigations ont été particulièrement laborieuses. Ce procès sera, nécessairement, celui des loupés des enquêtes et des atermoiements de la justice qui ont rallongé les procédures. Concernant Marie-Angèle Domèce, un non-lieu avait été prononcé en 1989, « aucun élément n’ayant pu être recueilli », rappelle l’ordonnance de mise en accusation.

A propos de Joanna Parrish, Michel Fourniret avait d’abord bénéficié d’un non-lieu « faute de preuves » en 2011. Dans le cas d’Estelle Mouzin, il a longtemps été considéré comme « une piste parmi d’autres », et il a fallu des années pour vérifier son alibi, qui ne tenait pas la route. Le procès qui s’ouvre mardi à Nanterre n’aurait pas eu lieu sans la ténacité des familles des victimes, de leurs avocats et de Sabine Khéris, la juge d’instruction, qui a réuni les trois dossiers, et fini par obtenir les aveux de Michel Fourniret à la fin des années 2010.

Déclarations alambiquées

Des aveux « à la Fourniret », succédant toujours à ceux de Monique Olivier, et livrés sous la forme de déclarations alambiquées. Concernant Marie-Angèle Domèce et Joanna Parrish : « Si ces personnes n’avaient pas croisé mon chemin, elles seraient toujours vivantes » ; « Si Fourniret n’avait pas été là, les personnes qui ne sont plus seraient là ». Concernant Estelle Mouzin : « Ma mémoire fiche le camp, mais je ne suis pas complètement sûr de n’y être pour rien » ; « C’est peut-être moi, hypothèse qui pourrait faire diminuer l’opacité de la chose ».

Il vous reste 55% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button