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Mort de Thomas : la justice suspend l’interdiction d’un rassemblement à Paris organisé par un groupuscule d’ultradroite

Le tribunal administratif de Paris, saisi en référé, a suspendu vendredi 1er décembre l’arrêté du préfet de police pris pour interdire une manifestation prévue le même jour, à 19 heures, en hommage à Thomas, mort poignardé à la fin d’un bal de village à Crépol (Drôme).

La juridiction a considéré qu’une « interdiction générale de manifester » n’était pas en l’état justifiée, même en présence de risques de « troubles majeurs à l’ordre public ». « D’une part, les juges des référés considèrent que n’apparaît pas suffisant le risque que la tenue de la manifestation déclarée porte atteinte au respect de la dignité de la personne humaine et que soient commises des infractions pénales pour justifier l’interdiction prononcée par le préfet de police », développe le communiqué publié par le tribunal administratif.

Ce dernier ajoute par ailleurs qu’« il n’est pas établi que la préfecture de police ne serait pas en mesure d’assurer le maintien de l’ordre public ». Le tribunal a rappelé que seulement mille manifestants étaient attendus, surveillés par au moins deux cent cinquante membres des forces de l’ordre, aidés par le possible recours à un drone.

Le préfet de police, Laurent Nuñez, avait confirmé mercredi qu’il souhaitait interdire ce rassemblement prévu vendredi soir au cœur de Paris, lancé à l’appel d’un groupuscule d’ultradroite en hommage au jeune Thomas. « Nous avons des rassemblements qui sont annoncés, l’un devant la Sorbonne, à l’appel d’un certain nombre d’organisations d’ultradroite. Evidemment, je vais l’interdire », avait déclaré le haut fonctionnaire en marge d’une conférence de presse sur la sécurité des JO 2024.

Lire l’enquête : Article réservé à nos abonnés A Romans-sur-Isère, un coup de force de militants d’ultradroite venus de toute la France

Le rassemblement prévu vendredi soir a été organisé par Les Natifs, l’un des groupes héritiers de Génération identitaire, dissout en mars 2021. D’abord prévu devant la Sorbonne, il a été déplacé place du Panthéon, a annoncé mercredi soir le groupuscule sur les réseaux.

« Regain des rassemblements d’ultradroite »

Depuis la mort de Thomas, 16 ans, poignardé à la fin d’un bal de village à Crépol (Drôme), drame pour lequel neuf jeunes ont été mis en examen, des appels à manifester en France émanant de groupes d’ultradroite se multiplient sur les réseaux sociaux.

Le week-end dernier, une centaine de militants cagoulés venus de différentes villes ont manifesté violemment dans les rues de Romans-sur-Isère dans le but d’en « découdre » avec les jeunes du quartier de la Monnaie, d’où sont issus plusieurs des mis en cause dans la mort de Thomas.

Lundi soir, huit personnes ont aussi été interpellées, soupçonnées d’avoir participé à un cortège non déclaré dans le centre-ville de Lyon. A Paris enfin, six membres de la mouvance hooligan affiliés à l’ultradroite, dont quatre fichés « S », ont été interpellés lundi soir lors d’un regroupement de supporteurs du Paris Saint-Germain.

« Il y a un regain des rassemblements d’ultradroite aussi à Paris. Nous sommes extrêmement attentifs », avait insisté le préfet. Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé mardi demander la dissolution de trois groupuscules d’ultradroite, parmi lesquels la Division Martel.

Le Monde avec AFP

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