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Nantes : après le vote d’une subvention pour l’Association France Palestine Solidarité, des élus quittent le conseil municipal

13 élus (9 du groupe «Mieux Vivre à Nantes» et 4 du groupe «Démocrates et Progressistes Nantes») ont quitté le conseil vers 16h. Capture d’écran du conseil municipal diffusé en direct via le site internet de la Ville de Nantes

En colère, des élus de droite et du centre sont partis du conseil après l’octroi d’une aide de 2000€ pour l’AFPS 44, qui ne qualifie pas les attaques du Hamas contre Israël comme terroristes.

Le Figaro Nantes

Le conseil municipal de ce vendredi 6 octobre avait commencé – une fois n’est pas coutume – sereinement. Après une minute de silence, la chef de file de l’opposition de droite, Laurence Garnier, avait remercié la maire PS, Johanna Rolland, pour ses propos tenus en «solidarité avec l’État hébreu ». Avec son collègue Erwan Huchet, du groupe Démocrates et Progressistes (soutiens de la majorité présidentielle), la sénatrice LR avait toutefois mis en garde sur la délibération n°40, portant notamment sur l’attribution d’une subvention de 2000 euros à l’Association France Palestine Solidarité (AFPS 44), dont «les propos [les] mettent mal à l’aise», avec notamment le refus de celle-ci de considérer les événements du week-end dernier comme terroristes.

L’édile de Nantes avait alors répondu qu’elle mettrait la matinée à profit pour étudier la question, en précisant que «le Hamas n’est pas le peuple palestinien. Dire que le Hamas est une organisation terroriste ne peut pas amener à disqualifier les acteurs qui soutiennent le peuple palestinien».

«Double langage»

Aussi, lorsque vers 16h, la subvention a finalement été votée, c’en était trop. Les élus des deux groupes ont décidé de quitter le conseil soudainement. «Soit c’est du cynisme, soit de la naïveté», a déploré Laurence Garnier. «Je vous conseille d’aller jeter un coup d’œil sur le site internet de l’association», a-t-elle recommandé à la majorité de gauche. «Ils parlent d’offensives armées et d’opérations militaires pour ne pas nommer le terrorisme. […] Vous vous apprêtez à soutenir une structure qui refuse de nommer les choses», a-t-elle déploré, en ajoutant qu’à Brest, il y a deux jours, le maire socialiste a reporté la délibération concernant l’attribution d’une subvention de 1200 euros à la même association en raison du contexte.

«Je trouve ça scandaleux. Le matin, on nous fait une minute de silence respectueuse et républicaine. Et là, on subventionne une association qui n’a pas un mot pour les victimes», a fustigé le conseiller et candidat aux municipales 2026, Foulques Chombart de Lauwe, très remonté à la sortie. Le macroniste Erwan Huchet a dénoncé un «double langage». «Le matin, on marque une minute de silence la main sur le cœur pour les victimes et l’après-midi la maire de Nantes et ses alliés de la Nupes accordent une subvention à ceux qui refusent de nommer le caractère terroriste de ces atrocités», ont résumé les deux groupes de l’opposition dans un communiqué envoyé dans la foulée.

«Cadre légal»

Tout en parlant à nouveau des «actes terroristes du Hamas samedi dernier», Pierre-Emmanuel Marais, élu de la majorité en charge de la délégation des relations internationales, a rappelé que l’AFPS 44 était une association que la Ville subventionne depuis 2010. Il s’agit de «militants de la paix qui travaillent dans un cadre légal». Un élément de langage partagé par la maire Johanna Rolland qui, après s’être renseignée auprès des services de la Ville, a indiqué que «rien ne nous laisse à penser qu’aujourd’hui, il y a un élément qui sort du cadre légal».

Si elle assume avoir une divergence sur certains termes employés par l’association pour qualifier le Hamas, elle estime que cela n’empêche pas de leur verser une aide. Et que les collectivités ne subventionnent pas toujours des associations avec lesquelles elles sont 100% d’accord. Enfin, elle a précisé que l’argent allait participer à la tenue un spectacle: «voilà de quoi on parle…». «On ne peut pas ne pas penser qu’au travers de spectacles, l’association va militer pour des causes que nous ne partageons pas», a répondu, sidérée, Laurence Garnier. Une dissociation de vote a été acceptée pour cette délibération, qui intégrait le versement de subventions à d’autres structures internationales.

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