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L’enquête pour viol et corruption de mineurs visant le youtubeur Norman Thavaud classée sans suite

L’enquête française pour viol et corruption de mineurs visant le youtubeur Norman Thavaud a été classée sans suite, mercredi 11 octobre, au motif que les infractions étaient insuffisamment caractérisées, a appris l’Agence France-Presse de source proche du dossier, ce qu’a ensuite confirmé le parquet de Paris.

Lors de cette enquête, sept jeunes femmes ont été entendues par la brigade de protection des mineurs, dont trois ont porté plainte selon le parquet : Maggie D. (la première plaignante) et deux autres adolescentes, âgées de 17 et 19 ans. Ces dernières ont expliqué avoir rencontré Norman sur des applications de rencontres, des réseaux sociaux ou encore en soirée. Elles avaient ensuite échangé des messages avec lui, dérivant vers de la séduction et l’envoi réciproque de photos sexualisées, parfois suivi de relations sexuelles.

« Les jeunes filles ont expliqué s’être senties contraintes à ces rapports, du fait de la notoriété du mis en cause et parce qu’il annonçait qu’il ne resterait pas en contact avec elles sans cela », a rapporté le parquet.

« Les consentements n’ont pas été trompés »

L’animateur de la chaîne « Norman fait des vidéos », aux 12 millions d’abonnés, avait été placé en garde à vue en décembre 2022. Lors de son audition, il n’avait « pas contesté la matérialité des faits, mais l’absence de consentement », selon le parquet.

« Les échanges préalables aux rencontres étaient systématiquement sentimentaux et le plus souvent sexualisés et sans ambiguïté », a précisé le parquet. Ce dernier a ajouté : « Il apparaît ainsi que les consentements n’ont pas été trompés, et que la pression de ne pouvoir revoir le mis en cause ou son insistance ne peuvent suffire à caractériser la contrainte. »

Selon le parquet, la corruption de mineur a été écartée parce que « l’âge des jeunes filles n’a jamais été précisé en début de prise de contact, et qu’elles n’avaient pas d’apparence physique ni de discours laissant supposer de la part du mis en cause une particulière attirance pour les enfants ni les corps enfantins ».

Lire aussi : La garde à vue du youtubeur Norman Thavaud prolongée

Sept jeunes femmes entendues, dont trois ont porté plainte

L’enquête préliminaire du parquet de Paris avait débuté après la transmission par les autorités canadiennes en août 2021 d’une procédure mettant en cause Norman Thavaud pour des faits de corruption de mineur.

La plaignante, Maggie D., née en novembre 2000, avait expliqué qu’entre octobre 2017 et juillet 2018, elle avait noué une relation sur les réseaux sociaux avec lui, et que la conversation avait glissé vers des échanges sexualisés et notamment l’envoi réciproque de photographies d’eux dénudés. Cette fan québécoise l’avait ensuite publiquement accusé, en 2020, de l’avoir manipulée pour obtenir ces photos et vidéos à caractère sexuel.

Dans le cadre d’une enquête québéco-française publiée par le média Urbania en avril 2021, d’autres femmes avaient formulé des accusations comparables à l’encontre du youtubeur pour des faits qui se seraient produits alors que certaines étaient encore mineures.

En août 2018, Norman Thavaud avait également été cité dans des messages postés sous le hashtag #balancetonyoutubeur à la suite d’un tweet de Squeezie, Lucas Hauchard de son vrai nom. Ce dernier y dénonçait le comportement inapproprié de certains vidéastes qui « profitent de la vulnérabilité psychologique de jeunes abonnées pour obtenir des rapports sexuels ».

Le Monde avec AFP

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