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Notre-Dame de Paris retrouve sa flèche et sa polémique sur le plomb

La nouvelle flèche de la cathédrale Notre-Dame de Paris en cours d’installation, le 30 novembre 2023, à Paris.

« Habemus Spiram ! A Notre-Dame, ce soir la flèche est revenue », se félicitait mardi 28 novembre, sur le réseau social X, Ariel Weil, le maire du 4e arrondissement de Paris. Quatre ans et demi après l’incendie du 15 avril 2019 et un an avant la réouverture de la cathédrale, prévue le 8 décembre 2024, on distingue à nouveau sa silhouette dans le ciel parisien au sommet des échafaudages.

Comme l’a décidé le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, elle sera reconstruite « à l’identique », c’est-à-dire avec une charpente en chêne massif et une couverture et des ornements en plomb, malgré la toxicité de ce matériau. La charpente devrait être terminée d’ici à la fin de l’année et les travaux de couverture, démarrer début 2024.

Une perspective qui fait ressurgir le spectre de la pollution au plomb : 460 tonnes contenues dans la toiture et la flèche étaient parties en fumées dans la nuit du 15 avril 2019 et s’étaient déposées en grande quantité sur les trottoirs, les ponts, dans les jardins publics et les cours d’école, ou encore sur les rebords de fenêtre des riverains de la cathédrale. En avril, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour « mise en danger d’autrui » après les plaintes de plusieurs familles et associations qui alertent, depuis l’incendie, sur les risques sanitaires liés à cette exposition au plomb.

Lire aussi (2020) : Article réservé à nos abonnés Notre-Dame de Paris : le plomb, les douches et les débris

« Intoxication de la population »

CGT Paris, Association Henri-Peyrezat, Association des familles victimes du saturnisme, Alliance écologique et sociale… plusieurs organisations s’étaient réunies, jeudi 30 novembre, sur le parvis de la cathédrale pour dire « Non à la reconstruction de Notre-Dame au plomb ». « La reconstruction en cours conduira à de nouvelles contaminations au plomb non seulement pour les travailleurs durant cette phase de travaux mais aussi, dans la durée, au niveau environnemental, estime Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche honoraire à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale et présidente de l’Association Henri-Pézerat. Une des caractéristiques du plomb laminé utilisé pour les toitures est de relarguer des poussières fines de plomb au fil du temps, provoquant une pollution environnementale durable. »

Présente au rassemblement, la sénatrice de Paris Anne Souyris « demande au gouvernement la suspension du chantier ». « Installer du plomb en plein Paris, c’est assumer l’intoxication de la population », dénonce l’élue écologiste, qui occupait le poste d’adjointe à la mairie de Paris en charge des questions de santé publique et de la lutte contre les pollutions jusqu’au 23 octobre.

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