Business

Plusieurs démissions dès la première réunion de la commission sur la parentalité lancée par le gouvernement

A peine installée, la commission scientifique sur la parentalité voulue par le gouvernement, coprésidée par le pédopsychiatre Serge Hefez et la spécialiste de la jeunesse Hélène Roques, traverse de fortes turbulences. Dès sa première réunion, lundi 11 décembre, plusieurs de ses membres ont annoncé leur démission. Il s’agit du sociologue spécialiste de la parentalité Claude Martin, de la directrice de recherche au CNRS Agnès Martial et de la sociologue de la famille Irène Théry. En cause : la présentation, la veille, dans l’hebdomadaire La Tribune Dimanche, de précisions relatives aux contours de leur mission par la ministre des solidarités et des familles, Aurore Bergé, dont ils n’avaient pas eu connaissance auparavant.

« Agnès Martial, Claude Martin et moi sommes arrivés avec un texte expliquant les raisons de notre démission. Nous avons regretté que les travaux à venir soient placés sous l’égide de méthodes répressives », annonce au Monde Irène Théry, en déplorant « la confusion faite entre les politiques et les chercheurs ».

Joint à l’issue de cette première réunion houleuse, Serge Hefez n’a pas souhaité réagir. Il indique qu’un communiqué commun clarifiera très rapidement la position de la commission. Au ministère des solidarités, on « prend acte » de ces trois démissions qui « n’enlèvent rien à l’ambition de la commission, chargée de mener son travail en toute indépendance, en vue de formuler ses préconisations pour la construction d’une future politique publique ».

Plusieurs éléments ont alimenté le « malaise » ressenti par les scientifiques démissionnaires. Ils portent à la fois sur la forme et sur le fond. Sur la méthode d’abord, ces spécialistes reconnus dans leurs champs de recherches respectifs se sont émus du fait que cette commission a été mise en place dans l’urgence, avec une convocation pour la première réunion reçue à peine une semaine avant sa tenue. Mais c’est bien la parution dans La Tribune Dimanche de l’entretien avec Aurore Bergé, accompagné d’un sondage sur l’autorité parentale et d’un article sur le rôle de la commission, qui a provoqué leur « effarement ».

Interrogations sur leur rôle

L’hebdomadaire précise que la feuille de route de la commission devrait « concerner les options permettant d’épauler les parents dépassés, de dénouer les conflits familiaux, de prendre en charge la violence et les dépendances des jeunes ». Les démissionnaires ont été choqués de voir que leurs travaux étaient présentés par Aurore Bergé comme une réponse aux émeutes survenues après la mort de Nahel M., le 27 juin à Nanterre, consécutive à un tir policier.

Il vous reste 40% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button