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Politique : dans “la France d’après” Jérôme Fourquet propose… l’indice de boboïsation

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Le directeur opoinion de l’Ifop publie son troisième tableau politique “La France d’après.”

Après “L’archipel français” en 2019 puis “La France sous nos yeux” co-écrit en 2021 avec Jean-Paul Cassely, Jérôme Fourquet, analyste politique spécialiste de la géographie électorale et directeur Opinion à l’institut de sondages Ifop, publie cette semaine “La France d’après”*. Un siècle après André Siegfried et son “Tableau politique de la France de l’ouest” paru en 1913, le politologue propose son propre tableau politique, un saisissant portrait de la France d’aujourd’hui, France d’après la crise du Covid où au clivage droite-gauche s’est substituée une tripartition Mélenchon-Macron-Le Pen, constatée par ailleurs par le duo Thomas Piketty et Julia Cagé dans leur somme “Une histoire du conflit politique 1789-2022.

Le vote Macron et les caspsules Nespresso

Mais là où Jérôme Fourquet est passionnant par rapport à des ouvrages académiques ou de froides bases de données, c’est qu’il parvient à déceler dans des données statistiques des facteurs contextuels étonnants qui, combinés à des déterminants individuels (diplômes, profession, âge…), permettent d’expliquer le vote des Français. Comme lors de ses précédents livres où il avait décortiqué les cartes des prénoms Kévin ou des clubs de bikers, Jérôme Fourquet livre en 560 pages de nombreux exemples toujours aussi surprenants.

Par exemple l’impact de l’arrivée… de la machine à capsules Nespresso par rapport aux machines à dosettes. Les premières sont prisées des électeurs CSP + souvent électeurs d’Emmanuel Macron quand les secondes le sont des milieux populaires électeurs du RN.

Autre clivage, celui dû au vin qui dessine une inédite géographie électorale du vignoble français. L’examen de la percée du parti animaliste, du vote des petites villes de garnison, de celles qui accueillent des centrales nucléaires ou des éoliennes (ces dernières ne sur-votent pas EELV pour autant) côtoie de fines analyses sur l’évolution des votes de chaque parti politique, du PC au RN.

“Toulouse pas assez bobo pour voter Vert ?”

Les lecteurs d’Occitanie – et la classe politique au premier chef – s’intéresseront sans doute beaucoup au chapitre consacré aux dernières élections municipales à Toulouse. Jérôme Fourquet y analyse “l’effet de fief et l’alliance de l’hyper centre et des périphéries pavillonnaires” qui ont structuré le vote Moudenc. Il mesure l’archipélisation de la gauche au premier tour, l’effet Airbus et… l’arrivée du TGV “comme facteur de mutations socio-culturelles et in fine électorales.”

Le sondeur – qui propose un savoureux “indice de boboïsation” entre Bordeaux et Toulouse – estime ainsi que Moudenc et Maurice (liste Archipel) ont joué à front renversé contre leurs intérêts : le premier défendant la LGV qui, comme à Bordeaux, Tours, Poitiers peut modifier significativement l’électorat en apportant des électeurs votant plutôt à gauche ou écolo, le second en refusant la LGV, contribuant à figer l’électorat actuel.

De quoi faire réfléchir pour les prochaines municipales…

La France d'après
La France d’après

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