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Affaires Fourniret : “J’obéissais, j’avais peur”, se défend Monique Olivier à l’ouverture de son procès

Monique Fourniret, 75 ans, comparait depuis ce mardi matin pour complicité dans l’enlèvement d’Estelle Mouzin, 9 ans, en 2003, et pour complicité dans l’enlèvement, le viol et le meurtre de Marie-Angèle Domèce en 1988 et de Joanna Parrish en 1990.
Au premier jour de son procès, elle s’est présentée comme une victime de son ex-mari, le tueur des Ardennes, affirmant avoir obéi à ses ordres par crainte.

Elle est arrivée ce mardi peu après dix heures dans le box sous les flashs des appareils photos et des caméras. Jugée pour complicité dans l’enlèvement d’Estelle Mouzin, 9 ans, en 2003, et pour complicité dans l’enlèvement, le viol et le meurtre de Marie-Angèle Domèce en 1988 et de Joanna Parrish en 1990, Monique Olivier, ex-femme de Michel Fourniret, a accepté que son image soit rendue publique en ce premier jour d’audience. 

Cheveux poivre et sel virant au blanc, pull, blanc, l’accusée aujourd’hui âgée de 75 ans a soutenu toute la journée avoir été, elle aussi, victime du violeur et tueur en série des Ardennes, décédé en 2021. “J’obéissais, j’avais peur”, a répété l’accusée au fil des heures pour justifier de sa complicité de plusieurs des crimes sexuels commis par l’Ogre des Ardennes. “C’est Fourniret qui décidait de tout (…) Finalement, il m’a utilisée comme un objet”, a-t-elle également soutenu devant la cour d’assises des Hauts-de-Seine.

Son “fauve”, son “Shere khan”

Pourquoi a-t-elle suivi cet homme dans la commission de ces actes atroces ? Monique Olivier explique avoir trouvé une sorte de soutien chez le criminel qu’elle surnommera “Mon fauve” ou son “Shere Khan” et avec qui elle a échangé plus de 200 lettres alors qu’il purgeait une peine de prison pour viols et agressions sexuelles. 

Elle ira le chercher le jour de sa sortie de la maison d’arrêt en 1987, deux ans plus tard, ils auront un enfant, Selim, et se marieront pour une union qui durera des années avec des enlèvements, séquestrations et viols pendant 16 ans. “Je suis incapable de me débrouiller toute seule”, a expliqué la septuagénaire pour justifier de sa vie aux côtés du criminel alors qu’elle savait dès le départ ce pourquoi il avait été incarcéré dans les années 80. 

Avant Michel Founiret, Monique Olivier avait déjà été mariée deux fois. Elle avait quitté André M. son premier mari et père de ses enfants parce que “violent”, et avait ensuite épousé Mark W. pour qu’il ait la nationalité française. Michel Fourniret lui promettra de tuer André M. contre une aide pour trouver ses jeunes victimes à “déflorer”. Monique Olivier accepte à l’époque le “pacte criminel”. Elle remplira sa mission en l’aidant à trouver ses proies, des “membranes sur pattes” selon les termes du violeur. Lui ne tuera jamais l’ancien mari de son épouse. 

“Cette recherche de vierges à tout prix vous a-t-elle choquée ?”, a questionné le président Didier Safar. “C’était un peu choquant mais disons que… C’était un peu ridicule. Ridicule d’être toujours à la recherche de virginité”, a balbutié l’accusée. Mais selon elle, elle n’avait pas le choix. “Il (Michel Fourniret) me disait : ‘Tu obéis, cherche pas à comprendre ! Obéis et c’est tout !”

Pourquoi avoir si peur de cet homme qui a torturé des victimes mais n’a jamais levé la main sur elle ? “J’obéissais, j’avais peur qu’il fasse quelque chose”, a-t-elle réitéré, après avoir dit que Michel Fourniret était quelqu’un de “gai”, “de bien”, “en dehors de la chose”.

  • Lire aussi

    Monique Olivier a-t-elle donné un “permis de tuer” à Michel Fourniret ? L’enquête de “Sept à Huit”

Deux appâts pour le tueur

Celle qui fut dans sa vie secrétaire, auxiliaire de vie et même surveillante de cantine, a confirmé par la suite avoir servi d’appât au prédateur, même lorsqu’elle était enceinte. Selim, le fils qu’elle a eu avec le tueur en série, aura, bien malgré lui, également ce rôle d’appât, alors qu’il était enfant. 

“Quand Michel Fourniret vous annonce qu’il veut partir en chasse, vous savez qu’il y a un mort au bout…” a lancé à l’accusée Me Seban, avocat, d’Eric Mouzin, père d’Estelle, 9 ans, disparue en 2003 et dont le corps n’a jamais été retrouvé. “Pas tout le temps, heureusement d’ailleurs”, a soutenu l’accusée sans convaincre les parties civiles.

Le procès doit se poursuivre jusqu’au 15 décembre.


Aurélie SARROT

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