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Projet de loi « immigration » : Gérald Darmanin entraîne la majorité dans la crise

Au centre, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, après l’annonce du vote de la motion de rejet préalable au projet de loi « immigration », à l’Assemblée nationale, le 11 décembre 2023.

L’adoption, lundi 11 décembre à l’Assemblée nationale, de la motion de rejet préalable au projet de loi « immigration », a cueilli le camp présidentiel à froid. Durant le week-end, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, « n’imaginait pas » un tel scénario.

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Que des oppositions de droite et de gauche, « qui ne pensent pas pareil », votent comme un seul homme, serait une « incohérence absolue », argumentait-il dimanche. Que les députés du parti Les Républicains (LR), « qui réclament chaque année un débat sur l’immigration à l’Assemblée nationale », se privent d’une occasion de faire valoir leur point de vue, serait « bizarre », poursuivait le ministre. Surtout pour, à la fin, laisser la main au Sénat : « Ça voudrait dire que les députés LR ne servent pas à grand-chose », raisonnait encore le locataire de la Place Beauvau.

Les derniers comptages avaient pourtant rassuré les cadres du parti présidentiel Renaissance : à l’exception de deux ou trois absents, la majorité devait « faire le plein » au Palais-Bourbon. En face, il faudrait que les oppositions soient tout autant mobilisées et qu’une trentaine de députés LR votent la motion pour qu’elle soit adoptée. « On aurait l’air fin… », souriait, deux heures avant le début de la séance, la présidente (Renaissance) de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, refusant d’y croire.

La confusion et le doute

C’est pourtant ce scénario défiant la raison qui l’a emporté dans l’Hémicycle bondé. A l’issue du vote, les oppositions l’ont emporté par 270 voix contre 265. Neuf députés de la majorité n’y ont pas pris part, ce qui a été fatal au gouvernement.

Gérald Darmanin s’était pourtant fait fort de démontrer qu’il saurait trouver une majorité sur ce texte « difficile », promesse de campagne d’Emmanuel Macron. Il peaufinait sa stratégie depuis un an, et avait beaucoup personnalisé le débat depuis la rentrée. Sur TF1, lundi soir, il a reconnu « un échec », dénonçant « l’alliance des contraires » et rappelant que « l’opinion soutient ce texte ».

Dans la majorité, ses contempteurs pointent l’excès d’habileté du ministre, qui a pu soutenir une disposition au Sénat, en novembre, puis son contraire à l’Assemblée nationale, en décembre, au risque de semer la confusion et le doute.

Le soutien inopiné de Gérald Darmanin à Edouard Philippe en vue de 2027, intervenu dimanche, via le média en ligne Brut, a aussi troublé la majorité. Relancer la compétition présidentielle dans ce moment crucial a été jugé déplacé par certains députés de la majorité.

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