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Propos sur un bébé israélien dans un four : l’influenceuse Warda A. condamnée à dix mois de prison avec sursis

C’était un verdict attendu. L’influenceuse Warda A. a été condamnée à dix mois de prison avec sursis par le tribunal judiciaire de Paris, ce mercredi, pour ses propos où elle ironisait sur la mort d’un bébé israélien en lien avec l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre.

Outre sa peine de prison, assortie d’un sursis probatoire pendant 24 mois, la prévenue devra suivre un « stage de citoyenneté » pour s’imprégner des « valeurs de la République », a décidé le tribunal. Elle devra également verser 1 000 euros d’indemnisation et 500 euros de frais de procédure à chacune des six associations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme dont le tribunal a retenu la constitution de partie civile.

Dix mois de prison avec sursis avaient été requis à son encontre le 22 novembre. Elle était poursuivie pour « apologie du terrorisme ». « Nous allons évidemment faire appel » de cette décision, a commenté l’avocat de la prévenue, Me Ilyacine Maallaoui.

Dans une vidéo publiée début novembre sur son compte Instagram, Warda A. avait commenté une information rapportée par un secouriste israélien, selon laquelle un bébé avait été placé dans un four par des membres du Hamas lors de l’attaque du 7 octobre sur le sol israélien. Ce récit n’a toutefois pas été confirmé par les autorités israéliennes. « À chaque fois que je tombe sur l’histoire du bébé qui a été mis dans le four, je me pose la question s’ils ont mis du sel, du poivre (…), du thym ? S’ils l’ont fait revenir à quoi ? », avait lancé dans sa vidéo la trentenaire, qui compte quelque 9 000 « followers ».

« Un émoi extrêmement important »

Ces propos « ont causé un émoi extrêmement important », avait fustigé le représentant du parquet devant le tribunal correctionnel, Grégory Weill le 22 novembre. Ils visaient à « tourner en ridicule les informations qui proviennent d’Israël », et à « blanchir le Hamas de sa barbarie », à travers une « minimisation outrancière de l’acte terroriste » sur fond de « terreau complotiste », selon lui.

Face au tribunal et à un large public, la prévenue avait reconnu s’être exprimée avec « un peu d’ironie », mais réfuté toute intention de « provocation ». Elle avait expliqué ne pas croire qu’un bébé ait pu être placé dans un four – « pour moi ça n’existe pas, ça n’est pas possible qu’on puisse faire une atrocité pareille » -, et qu’elle avait donc seulement voulu dénoncer une « propagande » et une « manipulation des médias ».

« Ça a été mal interprété, j’ai été maladroite, mais je n’ai pas eu l’intention de faire du mal à qui que ce soit », avait affirmé Warda A. lors d’une audience parfois tendue. Elle avait indiqué ne pas se reconnaître dans le terme « influenceuse » utilisé par de nombreux médias à son propos.

Comme la présidente du tribunal lui demandait si elle regrettait ses vidéos, la prévenue avait répondu, après une très longue hésitation : « Je regrette plutôt qu’on n’ait pas eu l’intelligence de les voir et de les lire comme je voulais faire passer le message ». La prévenue s’était refusée à qualifier le Hamas de mouvement « terroriste », tout en admettant que l’attaque du 7 octobre l’était. « Le terrorisme c’est ce qu’on a vécu en France, le Bataclan… c’est tuer les gens sans distinction, pour une idéologie. Je n’ai pas prôné ce genre de chose et je ne le ferai jamais », avait-elle affirmé.

Une vidéo « choquante »

Les avocats des nombreuses associations qui se sont portées partie civile – dont la Licra, SOS Racisme et l’Observatoire juif de France – se sont relayés pour fustiger les « paroles infâmes », la « mauvaise foi » et la « désinvolture » de la prévenue, qui n’a selon eux « pas manifesté le moindre remords ». Savoir si un bébé a effectivement été assassiné dans un four en Israël est secondaire pour déterminer la culpabilité de la prévenue, avait estimé l’un d’eux, l’important étant selon lui que « de toute façon, ça ne la choque pas ».

Au contraire, avait plaidé Me Elisa Lashab, l’une des défenseurs de Warda A. : la vidéo reprochée à la prévenue est certes « choquante » et « peut blesser », mais « ce n’est pas le sujet » puisqu’elle « ironise sur un acte qu’elle sait faux ». « Peut-on faire l’apologie de quelque chose qui n’existe pas ? », avait renchéri son confrère Me Ilyacine Maallaoui. « Lorsque ça n’est pas juste et pas utile, il ne faut pas punir ».

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