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Que sont devenues les 200 tonnes de coquilles Saint-Jacques pêchées lundi à Saint-Brieuc ?

Pour les pêcheurs de Saint-Jacques de la baie de Saint-Brieuc, la pêche a été bonne lundi : près de 200 tonnes de coquilles ont été prélevées ce jour-là. Mais peut-être un peu trop ? D’habitude, la moitié de la pêche part en frais ; l’autre, en transformation. Or, lundi, la majorité de la pêche – 111 tonnes – n’a pas trouvé preneur directement en criée et chez les mareyeurs. La faute à une faible demande. « Les gens pensent que la Saint-Jacques est un produit festif, qui se consomme qu’en fin d’année », regrette Grégory Métayer, le président du Comité départemental des pêches 22. « Or, on peut en manger dès maintenant et le coût de revient de cinq noix équivaut à un bon rumsteck. »

  • 2 Qu’est-il advenu des 111 tonnes de coquilles restantes ?

  • Les 111 tonnes n’ont, bien entendu, pas été jetées. « Elles ont toutes été vendues », précise, ce jeudi, Grégory Métayer. « Ce sont des usines de transformation qui les ont achetées. » Dès mardi, les noix ont été retirées des coquilles, pour être placées dans des barquettes. « Une partie de la production est partie à destination des supermarchés ; l’autre partie, qui est un peu plus importante, a été surgelée, pour être commercialisée lorsque la demande sera plus forte. » Les barquettes de noix les plus fraîches sont depuis mercredi sur les étals des hypermarchés. « On ne jette pas la pêche, on ne détruit jamais rien », tient à souligner Grégory Métayer. « Tout par à la transformation à chaque fois. »

  • 3 S’attendait-on à surgeler autant de noix de St-Jacques ?

  • Non, et encore moins dès le premier jour de la campagne. « Il nous semble essentiel qu’en première partie de campagne, un maximum de coquilles soit vendu sur le marché du frais et qu’un minimum soit orienté vers la transformation », écrivait l’un des groupements de producteurs, début septembre. Et pour cause : « Cela n’est jamais évident de stocker, cela coûte aussi de l’argent », explique Grégory Métayer.

    Pour les groupements de producteurs, le début de saison ne rime pas non plus avec de pleines capacités d’absorption : toute la main-d’œuvre sur les unités de transformation n’est pas encore formée. Voilà pourquoi, lundi soir, lorsque le secteur a vu débarquer autant de tonnes de coquilles à transformer, certains ont fait la grimace et les négociations ont été compliquées pour absorber tout le stock, a-t-on appris auprès de plusieurs sources.

  • 4 Qu’a-t-il été décidé ?

  • Puisque les stocks de noix de Saint-Jacques ont été importants dès le premier jour, le comité régional des pêches a revu les modalités de débarquement dès mercredi, afin de réduire le prélèvement en mer. Le temps de pêche a été réduit de moitié sur chaque secteur et des sanctions seraient mises en place en cas de dépassement supérieur à 50 kg. Les pêcheurs, eux, espèrent que la demande va repartir à la hausse rapidement, sans quoi la quantité maximale autorisée à la pêche sera baissée dans les semaines à venir.

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