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RATP : la ponctualité des métros en déroute

Dans le monde des transports publics franciliens, c’est un retournement. La RATP, longtemps reconnue pour la régularité de ses métros, ne parvient pas à remettre son service sur les rails. Depuis la pandémie de Covid-19, la régie parisienne peine à faire circuler les trains que lui commande son donneur d’ordre, Ile-de-France Mobilités (IDFM).

Les problèmes, qui ont d’abord affecté la circulation des bus, se sont étendus aux métros. En cause, l’arrêt des recrutements de conducteurs pendant les périodes de confinement. Depuis, la RATP met les bouchées doubles pour embaucher et son PDG, Jean Castex, se démène pour améliorer l’« attractivité » des métiers maison et des salaires. Mais rien n’y fait.

Une semaine après avoir démenti les inquiétudes de la maire de Paris, Anne Hidalgo, sur la préparation des transports pour les Jeux olympiques (JO) de 2024, Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France et d’IDFM, déplore, dans un communiqué, « une dégradation inquiétante de la ponctualité sur certaines lignes » en octobre. Elle « rappelle à la RATP la nécessité de remonter la pente ».

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Dans le métro, cinq lignes sont « en grande difficulté » : les 3, 6, 7, 8 et 13. En heure de pointe, la régularité des rames est inférieure à 85 % de l’offre commandée. « Ce sont des taux qui n’existaient pas avant le Covid », insiste le communiqué. Et que l’on n’avait jamais connus à la RATP. « L’indisponibilité des conducteurs (absentéisme, maladie…) », et ce, « malgré des recrutements massifs », est la première cause de trains supprimés, selon IDFM.

Trains bondés

La deuxième, c’est la tension pour trouver des spécialistes de la maintenance : cela explique les 20 % des métros qui manquent sur la ligne 8. Les temps d’attente et les trains bondés entraînent ensuite une recrudescence de malaises voyageurs. Cela fait perdre un train sur dix sur la ligne 7.

Est-ce la fin du statut dont bénéficiaient les agents de la RATP qui les démobilise ? Ou l’éclatement de la régie en une multitude de filiales pour répondre aux appels d’offres dans le cadre de l’ouverture à la concurrence ? Les incivilités ou incidents plus graves dans les bus ? Ou encore le coût de la vie en région parisienne, qui provoque une accélération des démissions ?

IDFM, qui a augmenté le passe Navigo et obtenu du gouvernement des nouveaux financements, va faire un geste. Alors que son contrat avec la RATP plafonne à 1,5 % l’an la hausse des salaires, IDFM va lui verser 125 millions d’euros supplémentaires en 2023 et 160 millions en 2024 pour couvrir les hausses de rémunération déjà accordées par Jean Castex.

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