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REPORTAGE. “Bientôt, il va falloir payer pour pouvoir travailler !” : les livreurs d’Uber Eats en grève pour protester contre la baisse de leur rémunération

Le nouveau système de rémunération a fait baisser de 10 à 30% le salaire moyen des personnes qui travaillent pour la plateforme, selon les syndicats.


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Un livreur Uber Eats dans les rues de Paris, le 24 avril 2020. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Plusieurs milliers de livreurs d’Uber Eats ne seront pas connectés sur la plateforme samedi 2 et dimanche 3 décembre. Ils sont appelés à faire grève pour protester contre le changement de leur rémunération. Le système est géré par un algorithme depuis trois semaines. Et le revenu moyen des quelque 60 000 personnes qui travaillent pour la plateforme a baissé de 10 à 30%, selon le syndicat Union Indépendants qui accompagne cette grève nationale avec la CGT et Sud Commerces & Services.

Vany, un livreur posté sur le parvis de la Défense, près de Paris, confirme avoir vu sa rémunération baisser. Le jeune homme travaille pour Uber Eats depuis 2016, mais ces dernières semaines, il doit pédaler beaucoup plus : “Avant quand je travaillais en journée, je gagnais 150 euros. Là, il y a des jours où faire 100 euros, ce n’est pas évident. Maintenant, ça m’arrive le week-end de travailler la nuit entre minuit et 3h du matin pour compléter…”, se désole le jeune livreur.

Si cela continue, le jeune homme a peur pour les mois qui viennent et surtout l’été prochain : “Au mois d’août, comme elles n’ont pas de volume, les plateformes divisent les prix par deux. Là, on est en plein hiver. Qu’est ce qui va se passer en plein été ? On va avoir des courses à un euro ? Et d’ailleurs, ils donnent parfois une deuxième course à moins d’un euro. Bientôt, il va falloir payer pour pouvoir livrer !” Travailler plus et gagner moins, Vany, envisage d’arrêter de travailler pour Uber Eats.

“Sur les grandes distances, ils ont enlevé énormément d’argent.”

Jawad, livreur Uber Eats

à franceinfo

Jawad, qui travaille à Montpellier, dans l’Hérault, pense lui aussi arrêter. Il livre des repas en scooter 14 heures par jour pour 1 200 à 1 300 euros par mois en moyenne. Il effectue surtout des trajets longs, eux aussi moins bien rémunérés depuis quelques semaines. Entre Montpellier et Palavas-les-flots, là où sont les plages, c’est à peu près 12 kilomètres. Avant je gagnais 12 à 13 euros. Maintenant, c’est 7 ou 8 euros pour aller jusqu’à là-bas ! Et ils savent que l’essence c’est 2 euros le litre !”, se désole le livreur.

Le flou du nouvel algorithme de calcul mis en cause

Vany et Jawad feront grève samedi et dimanche. Ces livreurs qui réclament un prix minimum par courses dénoncent aussi le flou total sur cette nouvelle tarification calculée par un algorithme. Uber Eats répond qu’elle prend mieux en compte le temps passé à livrer, l’attente devant chaque restaurant par exemple, et surtout que le but n’est pas de faire baisser le revenu moyen par course. Il a même légèrement augmenté depuis le 10 octobre, assure la plateforme, contrairement à ce qu’affirment les syndicats. Cette nouvelle tarification plombe le nouveau dialogue social mis en place depuis 2021 entre les plateformes et les syndicats de livreurs.



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