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Réveillez-vous?

Inquiet car la perspective du plein emploi (5%) s’éloigne, objectif de fin de quinquennat, Emmanuel Macron a tancé un parterre d’entrepreneurs. Ils n’en font pas assez. Notre chroniqueuse lui répond, et constate que de son côté, le gouvernement en fait beaucoup…


Debout, Yassine Belattar attend devant la porte !

Monsieur le président, réveillez-vous ! Je suis bien consciente de l’immensité des tâches et des responsabilités qui vous assaillent, je ne vais pas entrer dans la cohorte de vos opposants professionnels qui se délectent sur des plateaux TV de tout ce qui leur tombe sous la dent. Par exemple, « fallait » ou « fallait pas » aller à la manif ? Ou au Congrès des Maires ? Mais en tant que chef d’entreprise, il n’y a pas de semaine où je ne me dis : « Mais comment peut-il laisser passer ça… ? » Bon d’accord, vous êtes au-dessus de « ça », vous avez d’autres préoccupations, mais vous avez une DG (Première Ministre), des cadres supérieurs (vos ministres, dont certains ne feraient pas long feu dans nos boîtes), un « entourage » etc.  Donc, on vous attribue toutes ces bévues, et c’est normal car vous êtes le chef, donc chef de toutes les interrogations quotidiennes qui émanent dans nos petites vies de citoyens et d’entrepreneurs. À propos d’entourage, saviez-vous que vos conseillers demandaient conseil à un humoriste, Yassine Belattar, quasi repris de justice ? et en plus qu’ils ne s’en cachent pas ? Comment cet ancien membre du Conseil présidentiel des villes condamné en septembre dernier à quatre mois d’emprisonnement avec sursis pour menaces de mort, peut-il être écouté par vos équipes ? Vous étiez d’accord ?

Le dispositif délirant de Bérangère Couillard

Prenons un autre exemple qui, lui, nous fait « pleurer » mais de rire ! Merci François Lenglet d’avoir été jusqu’au bout d’une investigation concernant un chef-d’œuvre d’initiative ministérielle : le bonus réparation suivi du bonus ressemelage : les deux mamelles de la France vues par Madame Couillard.  Dispositions délirantes, normes, décrets, dossiers à soumettre par le commerçant, à l’administration, avec photo avant-après, comme pour un lifting chez le chirurgien esthétique. Alors que dans le même temps, vous lancez les « assises de la simplification », reconnaissez que ça fait désordre ! Et il faudra aussi subventionner l’industrie textile et le prêt-à-porter qui ne vont pas bien. Enfin, la déconsommation, ce n’est pas terrible pour la croissance et le plein emploi, même si on se réveille…

A lire aussi: Ras-le-bol des maires: il est encore temps d’agir!

On s’y perd dans les bonnes idées

Comment, Monsieur le président, pouvez-vous laisser vos ministres lancer des propositions pareilles comme des bouteilles à la mer? Pourquoi ne convoquez-vous pas les instigateurs de ces idées folles et ne leur dites-vous pas : « STOP, on arrête tout ça, tout de suite ». Vous pourriez aussi de temps en temps virer les ministres gaffeurs ou mauvais ? Virer, comme dans une entreprise quand cela frise la faute professionnelle grave. Ce n’est pas de votre niveau mais alors rien ne dépend donc de vous lorsqu’il s’agit de bon sens ?

Et si vous lanciez une équipe de « citoyens mystères » qui vous rendraient compte de ce qui se trame au sein de votre gouvernement en termes d’usines à gaz, du genre : « Tiens ! Si on jouait avec les tickets restaurants » ou encore : « Et si on fiscalisait un peu les primes défiscalisées ? » ou encore « on va filer 60 000 euros aux cancres pour qu’ils ne décrochent plus » du coup, comme disent les ados : « On va décrocher tout de suite ». Ah non ! Pardon, l’idée ne vient pas de chez vous mais d’Olivier Faure, qui lui a complément décroché. Le chef des socialistes entend ainsi mettre fin à l’ »héritocratie ». On s’y perd dans les bonnes idées…

« Réveillez-vous ! » : nous dites-vous ? Mais vous croyez que nous dormons ? Les chefs d’entreprise sont sur le pont nuit et jour pour lutter contre l’inflation, faire face aux prix de l’énergie, aux taxes nouvelles, aux nouveaux « congés familiaux » (sans compter les règles douloureuses), etc. Qui dort ? Pour réformer, il faut tout mettre à plat. C’est une condition sine qua non Monsieur le président ! Vraiment, il faut tous se réveiller.

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