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Romans-sur-Isère : Eric Ciotti finit par condamner l’expédition punitive de l’ultra-droite, mais sans convaincre

Eric Ciotti, président du parti Les Républicains, lors du 105e congrès de l’Association des maires de France, à Paris, le 21 novembre 2023.

Lundi 27 novembre, Eric Ciotti a assisté à la « nuit de l’Intelligence artificielle » (IA), à Paris. Dans un avenir proche, l’IA viendra peut-être à l’aide des dirigeants politiques dans l’exercice délicat du rétropédalage. Mais pas tout de suite. Avant ce rendez-vous, organisé dans le cadre des états généraux de la droite, le président du parti Les Républicains (LR) était l’invité de Cyril Hanouna et son émission « Touche pas à mon poste », sur C8. Dans un décor de Noël, au milieu des guirlandes et des cadeaux, le député des Alpes-Maritimes a fini par condamner la violente descente de membres l’ultradroite, samedi à Romans-sur-Isère (Drôme), en réaction à la mort du jeune Thomas, dans la nuit du 18 au 19 novembre, à Crépol, dans le même département. « Oui, je condamne », a-t-il déclaré, et de parler de « crétins violents ».

Lire aussi : Meurtre de Thomas à Crépol : des militants d’extrême droite samedi soir à Romans-sur-Isère pour « en découdre »

Dimanche soir, il s’y refusait pourtant, sur le plateau de BFM-TV. Sa ligne : le travail de la justice doit passer d’abord. Malgré plusieurs relances, il campait sur sa position : « Vous voulez me faire dire autre chose, je ne vous le dirai pas », s’énervait-il. Dénoncée par la gauche, cette prise de position a provoqué un certain malaise à droite. Chef du groupe LR à l’Assemblée nationale, Olivier Marleix préférait ne pas commenter « les commentaires » et rappelait que « rien ne pouvait justifier [à Romans-sur-Isère] une telle violence ».

Sur C8, Eric Ciotti a démenti avoir refusé de condamner les agissements des 80 militants de l’ultradroite, encagoulés et habillés de noir, débarqués dans le quartier de la Monnaie pour une descente punitive. « C’est faux de dire que je n’ai pas condamné… Il y a une justice dans notre pays. Elle est passée, dont acte », a-t-il poursuivi, en référence à la condamnation de six personnes à des peines de six à dix mois de prison ferme. En revanche, le patron de LR ne dévie pas sur un point. Selon lui, le défilé de l’ultradroite a fait oublier Thomas, tué en marge d’un bal de village : « L’émotion dans le pays, dans la France profonde, elle est pour Thomas. Et l’émotion médiatique, elle est pour ce qui s’est passé à Romans-sur-Isère. »

Un rétropédalage jugé laborieux

A droite, d’autres jugent cette lecture trop binaire. « On ne sait plus dire que la mort de Thomas n’était pas un fait divers, et que c’est dramatique de voir une bande de types descendre dans la rue pour se faire justice », regrette le député LR du Lot, Aurélien Pradié. Pour une partie du groupe LR à l’Assemblée nationale, leur chef de parti a surtout trahi le fond de sa pensée dimanche. Et le rétropédalage face à Cyril Hanouna est perçu comme laborieux, voire peu glorieux pour les plus critiques.

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