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À Romans-sur-Isère, gauche et Macronie dénoncent une « ratonnade », silence au RN et LR

Capture d’écran d’une vidéo de l’action des militants d’extrême droite filmée par un riverain.
Capture X Capture d’écran d’une vidéo de l’action des militants d’extrême droite filmée par un riverain.

Capture X

Capture d’écran d’une vidéo de l’action des militants d’extrême droite filmée par un riverain.

POLITIQUE – La tension monte dans la Drôme, sur fond d’instrumentalisation du meurtre du jeune Thomas. Dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 novembre, des militants d’extrême droite (dont certains appartenant à des groupuscules violents) ont fait une descente dans le quartier de la Monnaie, à Romans-sur-Isère, d’où sont originaires plusieurs agresseurs du bal de Crépol.

« Vers 18 heures, 80 individus ont tenté d’entrer dans le quartier de la Monnaie pour en découdre », a annoncé la préfecture de la Drôme, citée par l’AFP. Ce qui a donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre, venues protéger ce quartier populaire.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs vidéos issues de ce qui est présenté par l’extrême droite comme « une manifestation » ont circulé dans la soirée, montrant des individus cagoulés scander des slogans racistes à la lumière de fumigènes. Bilan de la soirée, 20 personnes arrêtées, dont 17 placées en garde à vue.

« Guerre civile », « expédition punitive »

Des événements qui ont inquiété plusieurs élus de gauche. « Voilà ce qui se passe quand l’extrême droite crée les conditions de la guerre civile… », a commenté le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel. « Opération ratonnade pour intimider tout un quartier de Romans-sur-Isère par des néonazis. L’extrême droite attise la haine à partir d’un meurtre tragique et cherche à fracturer notre société. A quand l’interdiction de ces groupuscules ultraviolents et racistes ? », a interrogé quant à lui le sénateur communiste Fabien Gay.

« Une milice recrutée dans toute la France est venue agresser les habitants d’un quartier populaire. Magnifique autoprotection de la population. Son sang-froid doit faire école car les agressions racistes par l’extrême droite se multiplient. La complaisance médiatico politique l’a encouragé jusqu’à cette situation insupportable », a renchéri Jean-Luc Mélenchon, alors que plusieurs députés de la France insoumise s’alarmaient de la situation. Tout comme le premier secrétaire du PS, Olivier Faure ou Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale.

Il n’y a pas que la gauche qui exprime vivement son inquiétude. Invitée sur BFMTV, la ministre des solidarités Aurore Bergé a dénoncé une « expédition punitive » et ce « comme si l’ensemble d’un quartier était coresponsable » de la mort du jeune Thomas. « Il y a une responsabilité politique, notamment à l’extrême droite, notamment du Rassemblement national, des troubles à l’ordre public qu’on a constatés hier à Romans-sur-Isère », dénonçait quelques heures plus tôt sur franceinfo le président Renaissance de la Commission des Lois, Sacha Houlié.

Silence au RN et chez LR

Habituellement prompts à se saisir des faits divers ou à manifester un soutien indéfectible aux forces de l’ordre, les poids lourds de la droite et de l’extrême droite (qui ont parlé du jeune Thomas toute la semaine) n’ont quasiment pas réagi. Silence radio chez le président des Républicains Éric Ciotti, tout comme chez Marine Le Pen ou Jordan Bardella. Du côté de Reconquête ! le sujet a bien été évoqué, mais en réaction de la mort du maire de Lyon, Gérard Collomb, auteur selon Éric Zemmour et Marion Maréchal d’un constat prophétique sur les banlieues et l’immigration.

Le fondateur de Reconquête ! a ensuite partagé le discours de la maire LR de Romans-sur-Isère, qui réclame des réponses plus fermes pour les délinquants des quartiers sensibles. Mais rien sur les individus encagoulés. Une absence de condamnation de la part de tout un pan de la classe politique qui est par ailleurs saluée par Pierre Sautarel, fondateur du site Fdesouche, navire amiral de l’extrême droite en ligne : « Ce qui est nouveau dans l’affaire de l’action nationaliste à Romans-sur-Isère c’est que de la droite dure au centre droit modéré personne ne dénonce totalement. Il y a 10 ans, ils auraient parlé de “milices de la haine” ». Si même lui le reconnaît…

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