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Sciences Po : après la « mise en retrait provisoire » de Mathias Vicherat, la question de la gouvernance est posée

Manifestation d’étudiants de Sciences Po pour demander la démission du directeur de l’école, Mathias Vicherat, à Paris, le 7 décembre 2023.

Le directeur de Sciences Po, Mathias Vicherat, a fait part de son souhait d’une « mise en retrait provisoire » de ses fonctions dans un message aux étudiants, enseignants-chercheurs et personnels, lundi 11 décembre au matin. Une proposition dont, une heure et demie plus tard, la présidente de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), Laurence Bertrand Dorléac, a dit « prendre acte ». C’est à elle que revient la mission de définir « les modalités et le calendrier de ce retrait », qu’elle devra présenter lors des réunions de trois instances de l’établissement, entre mardi 12 et jeudi 14 décembre.

Mathias Vicherat et son ex-compagne Anissa Bonnefont, qui s’accusaient réciproquement de violences conjugales, ont été placés en garde à vue le 3 décembre avant d’être remis en liberté le lendemain. Une enquête préliminaire a été ordonnée par le parquet de Paris mais aucune plainte ou main courante n’a été déposée de part et d’autre. Au cours de la semaine passée, le directeur a rencontré l’ensemble des représentants des différentes communautés de Sciences Po, réitérant qu’il n’avait « jamais et en aucune circonstance commis de tels actes ». Devant eux, alors que des voix s’élevaient en faveur de son départ, il avait expliqué qu’un retrait ou qu’une démission lui aurait semblé « injuste », rapportent au Monde plusieurs sources. Ce lundi, dans son message écrit, Mathias Vicherat évoque cette fois une fonction de direction « qui impose, plus qu’aucune autre, un devoir d’exemplarité » le conduisant à une mise en retrait provisoire.

« Les questions du calendrier, de la durée et des modalités de ce retrait vont être discutées dans les trois instances – le conseil de l’Institut, le conseil d’administration de la FNSP et le comité social et économique. Nous allons voir ce qu’il en sort », commente un porte-parole de l’école, qui assure que l’idée n’est pas de nommer un administrateur provisoire, car « il faudrait une démission pour cela ».

Des professeurs inquiets

Les statuts de l’Institut et ceux de la Fondation nationale des sciences politiques, révisés respectivement en 2016 et en 2015, ne prévoient pas explicitement la situation d’une mise en retrait provisoire demandée par le directeur, qui est par ailleurs administrateur de la FNSP. Néanmoins, est envisagée la « vacance » du poste, auquel cas le conseil de l’Institut et le conseil d’administration de la FNSP mettent en place une commission de recrutement. Si les deux instances ne parviennent pas à se mettre d’accord au bout de trois tours de vote, c’est « l’autorité de nomination », à savoir le ministère de l’enseignement supérieur, qui « y pourvoit ».

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