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Seine-et-Marne : un adolescent de 17 ans décède après un refus d’obtempérer à scooter

Deux enquêtes ont été ouvertes par le parquet de Meaux. Image d’illustration. Benoit Tessier / REUTERS

Des policiers de la BAC avaient entamé une course poursuite avec un deux-roues dont le conducteur venait de griller un feu rouge.

Un adolescent de 17 ans est décédé samedi des suites d’un accident de scooter en Seine-et-Marne consécutif à un refus d’obtempérer, un drame qui survient après la mort de plusieurs jeunes ces derniers mois dans des courses-poursuites avec la police. Le jeune mortellement blessé dans l’accident est le passager du deux-roues dont le conducteur, également âgé de 17 ans, était toujours hospitalisé samedi soir, avec son pronostic vital engagé, selon les informations transmises par le parquet de Meaux.

Les faits se sont produits vers 23h00 vendredi dans la banlieue est de Paris, quand un équipage de la brigade anticriminalité (BAC) de Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) a tenté de contrôler un scooter qui venait de griller un feu rouge, a précisé le procureur de la République de Meaux. Arrivé sur la commune de Chelles (Seine-et-Marne), deux kilomètres plus loin, le conducteur a glissé sur la chaussée et le deux-roues est venu «s’encastrer sous un véhicule se trouvant à l’arrêt au feu tricolore», a détaillé le procureur Jean-Baptiste Bladier dans un communiqué.

Les deux jeunes se sont alors retrouvés coincés sous la voiture, «l’un des deux – vraisemblablement le passager – perdant son casque sous la violence du choc», a ajouté le magistrat. Polytraumatisés et en arrêt cardiorespiratoire, les deux adolescents ont été transportés vers des hôpitaux parisiens, selon une source policière, qui a précisé que le passager était décédé samedi matin à 9h30. Le parquet de Meaux a ouvert deux enquêtes, selon le procureur. La première, pour refus d’obtempérer, a été confiée au commissariat de Chelles-Villeparisis.

La seconde, des chefs d’homicide et blessures involontaires, est menée par la délégation parisienne de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la «police des polices». La préfecture de police a souligné auprès de l’AFP que «conformément aux instructions» du préfet de police Laurent Nuñez, «les policiers ont avisé la salle de commandement du refus d’obtempérer commis par le véhicule» et qu’ils ont engagé ensuite sa «prise en charge». Les agents de la BAC ont fait usage de leurs «avertisseurs sonores et lumineux» pour obtenir l’arrêt du conducteur du scooter, en vain, selon le parquet.

D’après les premiers éléments des investigations, établis grâce à l’exploitation de la vidéosurveillance, «il semblerait qu’il n’y ait eu aucun contact entre le scooter et le véhicule de la BAC», indique le communiqué du procureur. C’est «un secteur où il y a de nombreuses caméras de vidéoprotection qui, j’espère, pourront permettre à l’enquête de déterminer toutes les circonstances», a dit sur BFMTV le maire de Chelles, Brice Rabaste (LR). «C’est important (…) pour les familles, comme pour la police d’ailleurs», a-t-il fait valoir.

«Vigilance particulière»

Dans la nuit de vendredi à samedi, les parents des deux adolescents, inquiets, s’étaient présentés au commissariat de Chelles, selon une source policière. Une «sécurisation a été mise en place avec des effectifs départementaux» de forces de l’ordre à Vaires-sur-Marne (Seine-et-Marne), commune de résidence des deux jeunes, et dans les environs, mais la situation est restée «calme» depuis l’accident, d’après une autre source policière.

Les autorités n’ont pas prévu de dispositif spécifiquement renforcé pour la nuit de samedi à dimanche à Neuilly-sur-Marne, mais une «vigilance particulière» sera assurée sur ce secteur, a indiqué une deuxième source policière. Plusieurs jeunes sont morts ces derniers mois en France après des courses-poursuites avec la police. Dans la nuit du 6 au 7 octobre, un jeune homme de 23 ans est mort dans un accident de scooter alors qu’il était poursuivi par des policiers municipaux à Saint-Priest (Rhône).

Deux mois plus tôt, dans la nuit du 5 au 6 août, à Limoges, deux jeunes circulant à scooter étaient morts après avoir percuté un véhicule en tentant d’échapper à un contrôle de police. Ces deux décès à Limoges intervenaient un peu plus d’un mois après la mort, fin juin, de Nahel, 17 ans, tué par un tir policier lors d’un contrôle routier à Nanterre. Sa mort avait déclenché plusieurs nuits de violences urbaines de très forte intensité dans le pays.

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