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Toulouse : miné par les dealers, un McDonald’s ferme en centre-ville


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Le gérant du fast-food implanté à Jeanne d’Arc, en plein cœur de la Ville rose, a choisi de baisser le rideau face au trafic de drogue devenu ingérable devant son établissement.

«Depuis un an, les conditions de travail sont devenues un enfer.» Le propriétaire du McDonald’s de Jeanne d’Arc, en plein centre-ville de Toulouse, a annoncé dans la presse locale sa fermeture le 30 novembre prochain, excédé par les trafics de drogue qui «gangrènent» le quartier. «Ils dealent de 10 heures jusqu’à tard dans la nuit», s’agace Michel Réglat, l’un des plus gros franchisés McDonald’s de France, à ActuToulouse ce jeudi 12 octobre.

Ce restaurant, ouvert fin 2015, se trouve pourtant sur le boulevard de Strasbourg, qui ceinture l’hypercentre historique, devant une station de métro, et à 5 minutes à pied seulement de la place du Capitole. Le problème, selon le franchisé, s’est déplacé ces derniers mois du quartier voisin d’Arnaud Bernard. Auprès de La Dépêche du Midi , Michel Réglat décrit des «bagarres parfois très violentes, des confrontations avec les clients, des règlements de compte».

Les trafics «se dispersent», alerte le maire

L’embauche d’un vigile supplémentaire et l’installation d’une caméra de surveillance par la ville n’y ont rien fait. «Ils ont un sentiment d’impunité totale car ils ne craignent pas la police», assure Michel Réglat à ActuToulouse. Le chiffre d’affaires du restaurant aurait chuté de 35% à 40% selon le patron. «Pourtant le choix stratégique de l’emplacement de cette enseigne était idéal, rappelle-t-il dans La Dépêche. Au début nous avions la clientèle lycéenne, les usagers du métro Jeanne d’Arc… Mais tous ont fui.»

«Pendant longtemps, le trafic de drogues était cantonné à certaines adresses, certains quartiers, mais le phénomène se disperse», alerte le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, joint par Le Figaro. «Le fait que ce soit en centre-ville montre bien que le problème s’est étendu», ajoute-t-il, estimant que la fermeture de ce fast-food est le «symbole» d’un phénomène qui concerne toutes les grandes villes, et pas seulement la Ville rose.

L’édile, qui reconnaît son impuissance face aux dealers – «nous n’avons pas la main, avec la police municipale, sur les trafics» -, rappelle avoir demandé à l’État, avec d’autres maires, un plan contre le trafic de drogue. Il souhaite, notamment, «plus de moyens d’enquête pour la police pour démanteler les réseaux».

Les salariés du McDonald’s de Jeanne d’Arc se verront proposer un poste dans les autres restaurants de la chaîne détenus par le franchisé à Toulouse. Michel Réglat compte également payer les six derniers mois de loyer de son bail sans exploiter le restaurant. «On préfère faire ce choix : ce n’est plus possible de travailler dans de telles conditions.»

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